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Chronique déontologique

Publicité faite par l'infirmière

Saurez-vous identifier les sept erreurs?

Avec le développement de la pratique infirmière dans le secteur privé, nous assistons à un accroissement important de la publicité faite par des infirmières. Dans ce contexte, sauriez-vous identifier les conditions, obligations et prohibitions relatives à la publicité?

 

À votre avis, cette publicité est-elle conforme aux obligations déontologiques des infirmières?

 

 

Dans les faits, sept erreurs peuvent être identifiées dans cette publicité.

 

1. Pour des soins, vous ne trouverez pas de meilleure!

L’infirmière qui s’attribue, dans sa publicité, des qualités ou habiletés particulières, doit être en mesure de les démontrer[1]. Il est donc impossible de faire la preuve qu’il n’existe pas de supérieure ou similaire à elle-même! Cependant, si elle avait reçu un prix d’excellence ou un autre mérite soulignant une contribution ou une réalisation particulière liée à la profession, l’infirmière pourrait le mentionner dans sa publicité[2].

2. Carte-cadeau disponible.

L’infirmière ne peut exiger le paiement que pour des services rendus ou les produits livrés[3]. Ainsi, comme le service n’a pas encore été rendu dans le cas d’une carte-cadeau, il n’est pas possible pour l’infirmière d’en vendre. Également, l’infirmière ne peut pas recevoir le paiement par virement avant que les services soient rendus[4].

3. Symbole graphique.

Lors de l’utilisation par une infirmière du symbole graphique de l’Ordre aux fins de publicité, elle ne peut y juxtaposer le nom de l’Ordre. Enfin, l’avertissement suivant aurait dû être joint au symbole graphique : « Cette publicité n’est pas une publicité de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et n’engage que son auteur[5]. »

4. Spécial du mois : prélèvement à 15 $*; prix variant selon le type d’analyse.

L’infirmière qui fait de la publicité sur le coût de ses services doit fixer les montants et ceux-ci doivent demeurer en vigueur pendant les 90 jours suivant la dernière diffusion de la publicité la plus récente. Un spécial du mois contrevient donc à cette obligation. L’infirmière doit indiquer si des services additionnels pourraient être requis et en préciser les coûts. Lorsqu’elle mentionne « *prix variant selon le type d’analyse », elle doit en préciser les coûts. L’infirmière doit aussi spécifier les services couverts par ces montants et indiquer si les débours sont inclus dans ces prix. Enfin, l’infirmière peut convenir avec un client d’un prix inférieur à celui diffusé ou publié[6].

5. Avis ***** Dolores Ducartier, la meilleure en ville!

Dans sa publicité, l’infirmière ne peut pas utiliser ou permettre que soit utilisé un témoignage d’appui ou de reconnaissance qui la concerne[7]. Elle doit s’assurer que le véhicule utilisé pour sa publicité ne permet pas à un tiers d’ajouter ce type de commentaires et doit retirer tous types d’avis de sa publicité.

6. Plus rapide et moins douloureux que ceux effectués par toute autre infirmière.

L’infirmière ne peut comparer la qualité de ses services à celle des services qu’une autre infirmière rend, ni discréditer ou dénigrer ces services[8].

7. Dolores Ducartier, spécialiste en prélèvements.

L’infirmière ne peut utiliser le titre de spécialiste ou d’infirmière spécialisée si elle n’est pas titulaire d’un certificat de spécialiste émis par l’OIIQ[9]. Veuillez consulter le rappel déontologique sur le sujet paru en 2018 pour plus de détails[10].

Comme nous pouvons le constater, plusieurs règles encadrent la publicité, qu’elle soit par carte professionnelle, médias traditionnels (télévision, radio), médias sociaux (Facebook, Instagram, LinkedIn), sites Internet ou affichage (panneau, enseigne, etc.)[11]. Il est à noter que l’infirmière doit conserver une copie de toute publicité qu’elle a faite pendant une durée d’au moins cinq ans suivant la date de la dernière diffusion ou publication de cette publicité[12].

Rappelons aussi que l’infirmière ne peut associer son titre professionnel à un médicament, à un produit médical, à un produit ou une méthode susceptible de nuire à la santé, ou à un traitement miracle. Elle doit sauvegarder en tout temps son indépendance professionnelle. De plus, l’infirmière ne peut faire ou permettre que soit faite de la publicité susceptible d’influencer indûment des personnes qui peuvent être, sur le plan physique et émotif, vulnérables du fait de leur âge, de leur état de santé ou de la survenance d’un événement spécifique[13]. L’infirmière doit donc être vigilante particulièrement lorsque la publicité vise une clientèle spécifique, par exemple une publicité destinée aux gens atteints d’une maladie dégénérative ou incurable.

En plus de ses obligations déontologiques, l’infirmière doit également respecter les règles encadrant la publicité régie par divers règlements et lois.

 

 

[1] Code de déontologie des infirmières et infirmiers, RLRQ chapitre I-8, r. 9, art. 70.

[2] Code de déontologie des infirmières et infirmiers, RLRQ chapitre I-8, r. 9, art. 72.

[3] Code de déontologie des infirmières et infirmiers, RLRQ chapitre I-8, r. 9, art. 56.

[5] Code de déontologie des infirmières et infirmiers, RLRQ chapitre I-8, r. 9, art. 80 et 81.

[6] Code de déontologie des infirmières et infirmiers, RLRQ chapitre I-8, r. 9, art. 74.

[7] Code de déontologie des infirmières et infirmiers, RLRQ chapitre I-8, r. 9, art. 72.

[8] Code de déontologie des infirmières et infirmiers, RLRQ chapitre I-8, r. 9, art. 71.

[9] Code des professions, RLRQ, chapitre C-26, art. 58.

[11] Source : Therrien Couture, avocats.

[12] Code de déontologie des infirmières et infirmiers, RLRQ chapitre I-8, r. 9, art. 76.

[13] Code de déontologie des infirmières et infirmiers, RLRQ chapitre I-8, r. 9, art. 73.