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Pharmacovigilance

Le syndrome malin des neuroleptiques

Par Fethi Boudebza, inf., M. Sc. Révision scientifique : Nancy Légaré, B. Pharm., M. Sc., Pharm. D., BCPP, BCPS

Le syndrome malin des neuroleptiques

Le DSM-5 catégorise le syndrome malin des neuroleptiques (SMN) parmi les troubles du mouvement et autres effets indésirables induits par un médicament (APA, 2013).

Le nom même du syndrome malin des neuroleptiques laisse croire que ce problème neurologique – rare – est causé exclusivement par des antipsychotiques. Pourtant, il peut aussi survenir chez des patients qui n’en prennent pas. Cet élément, souvent méconnu par les professionnels de la santé, peut en retarder le diagnostic et la prise en charge. Pire, des taux de mortalité de 10 à 20  % ont été signalés lorsque le trouble n’est pas reconnu…

Mme Lambert, âgée de 71 ans, est atteinte de la maladie de Parkinson. Un médecin de famille la suit. Ce matin, elle est admise au service de chirurgie d’un jour du département d’ophtalmologie pour une blépharoplastie de la paupière supérieure droite. La veille de l’intervention, elle a interrompu toute sa médication pour diminuer le risque de saignement postopératoire, même son médicament antiparkinsonien qu’elle ne devait pas arrêter. En général, elle prend de l’acétaminophène 650 mg PO q 8h PRN pour soulager ses douleurs arthritiques, de la warfarine (CoumadinMD) 2,5 mg PO DIE pour prévenir une récidive de thrombose veineuse profonde et de la lévodopa carbidopa (SinemetMD) 250 mg/25 mg PO TID pour la maladie de Parkinson. Elle devra reprendre tous ses médicaments 24 h après sa chirurgie.

De retour chez elle, Mme Lambert, distraite, ne prend que les médicaments prescrits après son intervention, soit de l’acétaminophène (TylenolMD) 1 g PO q 6h PRN contre la douleur et un onguent ophtalmique d’érythromycine (IlotycinMD) 5 mg/g, 1 application BID pour prévenir les complications. Le lendemain, sa fille remarque que sa mère est désorientée et fiévreuse, qu’elle transpire abondamment et que sa démarche est rigide. La patiente est amenée à l’urgence en ambulance. Selon ce tableau clinique, quelle serait votre constat d’évaluation?

 

 


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