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Rougeole: mieux gérer les cas de personnes non vaccinées et leur entourage

Lyse Savard

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2019 Jan 01
Rougeole: mieux gérer les cas de personnes non vaccinées et leur entourage

Pour éradiquer la rougeole au Québec et protéger la population, les autorités de santé publique misent sur la vaccination. Aujourd’hui, l’immunité populationnelle atteindrait 90 % (INSPQ, 2017). Pourtant, des éclosions surviennent toujours.

 

En 2011, 725 cas de rougeole ont été confirmés dans dix régions (MSSS, 2012). En 2015, 159 membres d’une communauté de Lanaudière ont été affectés (DSP, 2016). En avril 2018, un voyageur arrivé au Québec de la Roumanie a été diagnostiqué (Radio-Canada, 2018). Dans tous ces cas, il s’agissait de personnes non vaccinées (dites réceptives). Ajoutons que les cas de rougeole ont bondi de plus de 30 % dans le monde en 2017 par rapport à 2016, faisant 110 000 morts, selon l’Organisation mondiale de la santé (2018).

Pour empêcher la propagation de la maladie, le Québec souhaite diminuer la proportion de personnes non vaccinées à moins de 5 % dans la population (MSSS, 2017). Les enfants âgés de moins de 12 mois, les femmes enceintes et les personnes immunosupprimées sont dites vulnérables.

Ces récentes éclosions de rougeole ont amené le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) à procéder à la mise à jour de sa fiche technique sur la rougeole et à prévoir des actions aussitôt qu’un cas est suspecté (MSSS, 2017). Ainsi, le degré d’intervention tient compte des caractéristiques de la maladie, soit sa transmission par voie aérienne, son extrême contagiosité et sa morbidité élevée. Pour minimiser la transmission de la maladie, le MSSS préconise de retracer et d’isoler les personnes malades, ainsi que d’identifier et de surveiller leurs contacts. Si les contacts sont réceptifs, il est recommandé de les retirer des environnements propices à la transmission pendant la période d’incubation, puis de les vacciner ou de leur administrer des immunoglobines.

La rougeole est sur la liste des maladies à déclaration obligatoire (MADO). Tout cas de rougeole doit être aussitôt déclaré à la santé publique régionale, qui l’inscrira sur le fichier provincial. S’il s’agit d’une personne ayant contracté la maladie d’une autre personne, des renseignements concernant ses contacts seront saisis dans le fichier contre la rougeole (V11). Le statut vaccinal et le refus de vaccination sont également documentés. Des mesures sont ensuite rapidement mises en place pour prévenir la transmission secondaire aux contacts réceptifs ou vulnérables.

Symptômes et évolution

Les personnes infectées présentent de la fièvre (38,3 °C [101 °F]), une toux, un coryza, une conjonctivite et des éruptions maculopapulaires généralisées d’une durée minimale de trois jours. Ces petites lésions caractéristiques sont surélevées, de coloration rougeâtre et apparaissent sur le front pour s’étendre au visage, puis sur tout le corps. L’éruption dure de trois à sept jours. Le signe de Koplik se manifeste par de petites lésions sur les muqueuses de la bouche avant le début des éruptions. Il est rapporté dans 50 à 80 % des cas (MSSS, 2017).

La période d’incubation est habituellement de 10 à 14 jours entre le moment du contact et l’apparition des premiers symptômes. La personne infectée est contagieuse quatre jours avant l’éruption cutanée et quatre jours après. La transmission s’effectue par voie aérienne et par contact avec les sécrétions nasopharyngées d’une personne infectée.

La rougeole cause une encéphalite dans un cas sur 1 000 à 2 000 et sera fatale dans un cas sur 3 000.

« Tous contacts considérés comme réceptifs doivent faire l’objet d’un retrait de leur milieu et d’un isolement volontaire à domicile. »

Références

Direction de santé publique de Lanaudière. (2016). Éclosion de rougeole survenue dans la région de Lanaudière au Québec. 02/03/2015 – 29/04/2015. Rapport d’investigation.
Institut national de santé publique du Québec. (2017). Enquête sur la couverture vaccinale des enfants de 1 an et 2 ans au Québec en 2016.
Ministère de la Santé et des Services sociaux. (2012). Rapport final de l’épidémie provinciale de rougeole survenue en 2011.
Ministère de la Santé et des Services sociaux. (2017). Fiche technique sur la gestion des cas et des contacts - La rougeole.
Organisation mondiale de la santé. (2018). Les cas de rougeole augmentent au niveau mondial en raison d’une couverture vaccinale insuffisante.
Radio-Canada. (2018, 1er mai). Rougeole : les médecins et infirmières montréalais invités à la vigilance.