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Perspective infirmière | Septembre-octobre 2020

Pandémie : les acquis infirmiers après la première vague | Les grandes discussions du SIDIIEF

Par Dalila Benhaberou-Brun, B. Sc. inf., B. Sc., M. Sc.

Pandémie : les acquis infirmiers après la première vague | Les grandes discussions du SIDIIEF
En bref | Pandémie : les acquis infirmiers après la première vague | Les grandes discussions du SIDIIEF

Les infirmières et infirmiers ont été salués, applaudis et remerciés pour leur rôle dans la pandémie de coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS-CoV-2), plus communément appelé « COVID-19 ». Pourtant, malgré cette gratitude générale, on déplore le peu de compréhension de leur rôle de la part du réseau de la santé et de la population. L’emploi de la phrase « On a besoin de bras », une expression souvent entendue au cours des derniers mois, témoigne de la persistance d’une perception erronée de la profession, ramenant l’infirmière et l’infirmier à des exécutants dénués de jugement clinique.

Ces constats ne sont pas réservés au Québec, comme l’ont exprimé les panélistes d’une discussion virtuelle organisée par le Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l’espace francophone (SIDIIEF) le 17 juin dernier, à laquelle participait le président de l’OIIQ, Luc Mathieu. Patrick Chamboredon, président de l’Ordre national des infirmiers de France, Sophie Ley, présidente de l’Association suisse des infirmières, et Damien Contandriopoulos, professeur titulaire et directeur adjoint à la recherche à l’École des sciences infirmières de l’Université de Victoria en Colombie-Britannique, complétaient cette table ronde. Les quatre experts ont concentré leurs regards sur les acquis infirmiers depuis le début de la pandémie.

Les infirmières et infirmiers ont déployé sur tous les fronts l’étendue de leurs connaissances et de leurs compétences, que ce soit dans les unités de soins intensifs, en contrôle et prévention des infections ou dans la communauté. Beaucoup s’interrogent sur l’impact de cette pandémie sur ces centaines de milliers de professionnelles dans la francophonie. En France, en Suisse et au Canada, « on leur a demandé d’être là et elles ont répondu à l’appel ». Les infirmières et infirmiers ont exercé leur travail même au péril de leur vie dans certains cas. La crise sanitaire a placé toute la profession au coeur de la tourmente, confrontée, entre autres à des difficultés d’approvisionnement en équipements de protection individuelle, à la prise en charge complexe et inédite de personnes gravement malades et, pour un certain nombre de personnes soignantes, à l’épuisement physique et mental.

Problème sémantique

Le dévouement attribué trop souvent à la profession infirmière dérange, tel le terme « vocation ». Cette sémantique d’un autre temps, où les premières soignantes – des religieuses – se consacraient aux personnes malades, nuit encore aujourd’hui à l’image des infirmières. « Il faut mettre de l’avant les connaissances et les compétences de la profession », ont expliqué les panélistes. Or, les infirmières et infirmiers ont été peu présents dans les interventions politiques durant cette crise sanitaire et dans les médias, parce que non conviés à y participer. Ils sont restés en retrait sur le terrain, auprès des malades nécessitant des soins complexes. Les panélistes ont déploré cette invisibilité. Ce manque d’exposition a non seulement nui à la reconnaissance de la profession, mais a aussi entretenu une perception ambiguë. « On a entendu que le savoir infirmier était une partie du savoir médical, mais ce n’est pas le cas », soutient le président de l’OIIQ. On sait pourtant que la discipline des soins infirmiers s’appuie sur un savoir propre, une philosophie des soins et des données probantes.

Se faire entendre

C’est par une prise de parole publique et politique que les panélistes entrevoient une solution à une meilleure reconnaissance de l’expertise des infirmières et infirmiers, en écho à leur contribution pendant la pandémie. Luc Mathieu convie donc toutes les instances de la profession à s’exprimer d’une seule voix. « Associations professionnelles, syndicats et OIIQ, il faut se fédérer en misant sur nos points communs », a-t-il fait valoir.

 

On peut visionner en ligne la discussion virtuelle « Les scénarios post-covid: pérenniser les acquis infirmiers » en se rendant sur la page d’accueil du SIDIIEF et en cliquant sur « Les grandes discussions » (à ne pas confondre avec Les grandes conférences).

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