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Perspective infirmière | Septembre-octobre 2020

Geneviève Paquette | Une infirmière au coeur de la communauté

Par Louise Bouchard

Geneviève Paquette est infirmière clinicienne et agente en prévention et promotion de la santé à Havre-Saint-Pierre. La mentore de la websérie Stagiaire d’un jour est tombée en amour avec la Minganie lors d’un séjour exploratoire. Elle s’y est installée pour une année… il y a sept ans !

Qu’est-ce qui vous a poussée à développer votre expertise en santé publique? 

Sur la Côte-Nord, plusieurs déterminants de la santé ont un impact sur la prévalence de certaines maladies chroniques. Par exemple, la proportion de fumeurs y est plus importante que la moyenne du Québec. Le plan d’action régional en santé publique de ma région guide les actions que je mets en place. Les principaux dossiers sont notamment en lien avec la sédentarité, les surplus de poids, le tabagisme ou les traumatismes non intentionnels.

Comment la pratique en région éloignée diffère-t-elle de celle des grands centres? 

Dès m on arrivée, j ’ai été surprise par l ’importance du travail d’équipe et de la collaboration avec les organisations, les élus et les autres professionnels. Et comme la population de la Minganie est d’environ 7 000 personnes, nous entretenons des relations privilégiées avec les gens. 

Quel rôle avez-vous dans la communauté? 

Chaque semaine, je travaille une journée en périnatalité et quatre jours en prévention et promotion. Je touche donc à une clientèle de zéro à 100 ans! Je travaille avec les familles, les garderies, les écoles et les entreprises pour mettre de l’avant de saines habitudes de vie dans les milieux, et avec les municipalités pour le développement d’environnements favorables à la santé des citoyens. 

Quelle est votre vision de la prévention et de la promotion de la santé? 

Dans le contexte actuel de pandémie, l’importance de la prévention apparaît encore plus clairement. En temps normal, on tente d’amener la population à modifier ses habitudes de vie par de grandes campagnes sociétales comme le Défi J’arrête, j’y gagne! Mais en ce moment, on sensibilise les gens par des conférences de presse quotidiennes, afin de les convaincre de se laver les mains, d’adopter une étiquette respiratoire et de maintenir une distanciation physique. Nos actions ont donc d’énormes répercussions. 

Est-ce que le travail en région éloignée vous permet d’occuper pleinement votre champ d’exercice? 

Oui! J’évalue des patients, je contribue au suivi de grossesse et postnatal, je veille au bon développement des enfants et je fais de l’enseignement auprès de la clientèle. J’ai aussi découvert que j’ai un pouvoir politique : j’identifie les meilleures pratiques et les façons de faire avancer les choses en santé publique. En tant qu’infirmières et infirmiers, c’est notre rôle de contribuer à faire changer les politiques et à influencer positivement la vie des citoyens. 

Est-ce que vous prescrivez? 

Oui, je prescris les suppléments vitaminiques et l’acide folique en période prénatale et la médication pour le traitement des nausées et vomissements de grossesse. Je prescris aussi la médication pour les infections fongiques et la thérapie de remplacement de la nicotine. Mon droit de prescrire a des retombées très positives sur la clientèle, car j’assure un suivi complet de manière autonome. Je n’ai pas à adresser les patients à un autre professionnel de la santé, ce qui augmenterait probablement le temps de prise en charge. 

Le Québec est en pleine pandémie de la COVID-19. comment votre expertise en santé publique est-elle utile dans cette situation? 

Plus que jamais, mon rôle m’amène à utiliser mes compétences. Toute l’équipe de santé publique de la Côte-Nord collabore aux enquêtes épidémiologiques sur la COVID-19. Je mets à profit mes connaissances en maladies infectieuses et en prévention de la transmission de ce virus, et j’assure un rôle-conseil auprès de la population. Comme toutes les infirmières et tous les infirmiers, on travaille fort, et ensemble, pour limiter les conséquences de cette maladie.

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