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Gestion du cérumen sans ordonnance

Service de consultation professionnelle de l'OIIQ

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28 févr. 2019
Gestion du cérumen sans ordonnance
© Jr images/Shutterstock

Depuis un peu plus d’un an, plus précisément depuis le 12 janvier 2018, les infirmières peuvent réaliser, sans ordonnance, l’extraction manuelle et l’aspiration du cérumen dans la portion cartilagineuse du conduit auditif externe, l’irrigation du conduit auditif externe et l’utilisation d’un agent céruménolytique en vente libre1.

Rappelons que ces activités s’inscrivent dans le cadre des activités réservées suivantes (Loi sur les infirmières et les infirmiers, art. 36) :

  • Évaluer la condition physique et mentale d’une personne symptomatique.
  • Exercer la surveillance clinique d’une personne présentant des risques.

Le Service de consultation professionnelle de l’OIIQ a reçu plusieurs questions au sujet de la gestion du cérumen. Voici les réponses à trois d’entre elles.

 

Quel est l’âge limite du client au-delà duquel l’infirmière ne peut pas procéder auprès de lui à des techniques de gestion du cérumen?

L’âge de la clientèle ne fait l’objet d’aucune précision. En revanche, pour exercer cette activité, l’infirmière doit satisfaire aux exigences suivantes :

  • Détenir la formation, les connaissances et les compétences requises dans la gestion du cérumen et en assurer la mise à jour.
  • Utiliser l’équipement approprié et spécifique aux différentes techniques de gestion du cérumen.
  • Exercer à partir d’une procédure clinique exhaustive et claire. Cette procédure doit comprendre minimalement :
  • les éléments de l’évaluation, dont les conditions d’application et les risques associés;
  • la méthode pour chacune des techniques;
  • les limites;
  • un processus clair de communication interdisciplinaire ou de référence, le cas échéant.

 

En outre, l’OIIQ estime que les spécificités et les limites de la clientèle doivent être établis dans cette procédure clinique, car il existe des risques de préjudices associés aux techniques de gestion du cérumen, et ce, pour différentes clientèles et différents groupes d’âge. Ultimement, il revient à votre établissement d’élaborer ou de rendre disponible cette procédure clinique.

 

Quelles sont les formations sur la gestion du cérumen reconnues par l’OIIQ?

L’OIIQ ne fait pas de recommandation sur le type de formation requis. Il est considéré que les infirmières sont en mesure d’évaluer leurs besoins de formation et d’identifier la forme qu’elle devrait prendre : habilitation entre professionnels, formation donnée par l’établissement, formation à l’externe, etc. L’OIIQ n’offre pas non plus de formation sur ce sujet, mais d’autres organismes en proposent, comme les universités. Il vous revient donc, d’une part, de chercher une formation qui vous convient et, d’autre part, de vous assurer que vous respectez les exigences sur la gestion du cérumen mentionnées précédemment.

 

Doit-on faire un plan de traitement infirmier (PTI) dans un contexte de gestion de cérumen?

Oui, si vous considérez après votre évaluation que la situation nécessite un suivi clinique particulier. En général, ce n’est pas le cas. Toutefois, il pourrait exister des situations où vous devrez déterminer un suivi clinique : par exemple, si l’irrigation du conduit auditif externe n’a pas été concluante, que vous souhaitez que la personne poursuive l’utilisation d’un agent céruménolytique pendant une période déterminée, puis qu’elle revienne pour que soit tentée une extraction manuelle. À l’opposé, il n’est pas nécessaire de faire un PTI si la situation ne nécessite pas de suivi clinique.

 

La gestion du cérumen, une première pour l’infirmière Marianne

Marianne, infirmière dans un GMF, assure des suivis cardiométaboliques auprès de clientèles de tous âges. Elle rencontre aujourd’hui M. Blackburn, âgé de 65 ans, atteint de diabète et d’hypertension artérielle, qui souhaiterait avoir un « lavage d’oreilles ». Marianne n’a jamais procédé à des techniques de gestion du cérumen et se demande si le patient doit d’abord avoir été vu par le médecin. Comme sa collègue Julie pratique parfois ces techniques, Marianne propose à M. Blackburn de l’attendre quelques instants afin qu’elle puisse questionner sa collègue. Pour prendre connaissance de la teneur de leur conversation, lisez l’article Gestion du cérumen : comment faire?.

 

  • Des questions?
    Vous avez des questions sur votre champ d’exercice, la pratique et les normes cliniques? Posez-les au Service de consultation professionnelle de l’OIIQ.
    Par courriel : infirmiere-conseil@oiiq.org Par téléphone : 514 935-2501 ou 1 800 363-6048, option 1

 


1 Ces nouvelles activités professionnelles découlent d’une analyse conjointe du Collège des médecins du Québec, de l’OIIQ, de l’Ordre des orthophonistes et des audiologistes du Québec et de l’Ordre des audioprothésistes du Québec. Dans un avis conjoint, ces ordres professionnels ont fait savoir que leurs membres (infirmières, audiologistes et audioprothésistes) peuvent dorénavant pratiquer ces activités professionnelles sous certaines conditions.

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