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Isabelle Grondin : la passion des soins pédiatriques

06 août 2019
Isabelle Grondin : la passion des soins pédiatriques

Isabelle Grondin travaille au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), à Québec, depuis plus de dix ans. Après avoir pratiqué à l’urgence, elle s’est orientée vers les soins intensifs pédiatriques en 2017. Plus jeune, la mentore de la websérie Stagiaire d’un jour a rêvé de devenir comédienne. Mais la fascination qu’elle éprouvait lors de ses visites à l’urgence quand elle était petite a pris le dessus! Rencontre avec une infirmière lumineuse.

Comment est né votre intérêt pour les soins d’urgence pédiatriques?

Ce que j’adorais de mon travail à l’urgence, ce sont les soins de réanimation et de stabilisation. J’aime la complexité, et les soins pédiatriques représentaient un beau défi pour moi.

 

Dans la websérie, avec votre stagiaire Louis-Jean Cormier, vous rencontrez un jeune garçon qui vient de subir une chirurgie cardiaque. Comment se déroule la surveillance clinique d’un jeune patient comme Logan?

Ces patients arrivent directement du bloc opératoire, sans passer par une salle de réveil. Les fils des électrodes cardiaques sortent du thorax vers le boîtier du stimulateur. C’est impressionnant. On ne touche pas ces patients, car le moindre changement de position pourrait provoquer une arythmie. On s'installe près du lit et on reste dans la chambre en tout temps, en gardant les yeux sur le moniteur pour percevoir le moindre changement. On doit intervenir rapidement si l'enfant tente de retirer les cathéters et les fils. En soins critiques pédiatriques, l'infirmière donne tous les soins à un seul patient. Ce n’est pas comme à l’urgence, où l’on donne des soins variés à un grand nombre de personnes.
 

Pourquoi cette surveillance par une infirmière est-elle essentielle?

La plupart de nos patients ne peuvent pas nous dire ce qu’ils ressentent. Il faut être vigilantes et comprendre tous les signes en vue d’exercer un jugement clinique. L'infirmière est aussi responsable de coordonner les examens et les visites des spécialistes et de répondre aux questions des parents. Elle joue un rôle de pivot auprès des différents experts qui donnent des soins à l’enfant et l’aident à se rétablir, comme l’inhalothérapeute, la travailleuse sociale ou l’ergothérapeute.
 

La collaboration avec les parents doit être très importante. Comment peuvent-ils contribuer aux soins?

D’abord par leur présence. Les enfants endormis réagissent à la voix de leurs parents : leurs signes vitaux changent! Les parents peuvent aussi nous en apprendre beaucoup sur leur enfant. Je tente de les faire participer aux soins, par exemple en les invitant à appliquer de la crème hydratante après les soins d'hygiène quotidiens.
 

Quelles qualités faut-il développer pour travailler en soins intensifs pédiatriques?

C'est un domaine parfait pour les infirmières minutieuses, qui ont une grande curiosité intellectuelle, qui aiment la complexité des soins et des pathologies, et qui ont envie d’exercer leur autonomie et leur leadership. Certaines situations sont émotionnellement très difficiles et il faut savoir gérer nos sentiments pour nous concentrer sur nos activités et offrir des soins de qualité. Autrement, il est facile de nous projeter dans ce que vivent les patients et leurs parents.

 

LE RÔLE CLÉ DE L’INFIRMIÈRE

Pour veiller à la santé de ses jeunes patients, Isabelle Grondin exerce au quotidien une activité critique réservée aux infirmières : la surveillance clinique de la condition des personnes dont l’état présente des risques, incluant le monitorage et les ajustements du plan thérapeutique infirmier.

Surveiller un enfant sous sédation-analgésie et déceler des signes de déséquilibre électrolytique, de choc ou d’infection ne sont que quelques exemples de contextes pour lesquels Isabelle doit déployer l’ensemble de son expertise et de ses compétences, en s’appuyant sur ses connaissances et ses expériences.


« L’infirmière doit pouvoir anticiper ce qui peut se passer et détecter les risques de détérioration de l’état de santé du patient », explique Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Ce rôle crucial prend toute son importance en contexte de soins intensifs pédiatriques, où l’état d’un enfant peut se détériorer très rapidement. Les infirmières sont constamment au chevet de leur patient dans le but de procéder à des évaluations continues de son état de santé. Elles exercent leur jugement clinique, prennent des décisions, émettent des directives et transmettent leurs constats aux membres de l’équipe.


« Cette activité réservée comporte de grandes responsabilités, dit Luc Mathieu. Les infirmières doivent se former continuellement afin de mettre à jour leurs connaissances, de développer leurs compétences et de faire preuve d’une grande autonomie professionnelle. »