Nouvelles

 

Actualités, chroniques et éditoriaux de l'Ordre

 

Éditorial du président

Journée internationale de la femme

08 mars 2018
Journée internationale de la femme

Depuis plusieurs années, je partage avec vous l’ambivalence de mes sentiments face à la Journée internationale de la femme. Chaque 8 mars, je ressens un profond malaise. Je m’explique. En 2018, comment se fait-il que nous devions encore poursuivre les luttes pour atteindre l’équité avec nos collègues masculins, et ce, même dans une profession majoritairement féminine? Quels sont les plafonds de verre que nous devons encore franchir ? Nous le savons, la présence féminine dans les postes d’influence demeure proportionnellement plus faible.

Mon premier constat serait d’encourager les femmes de la profession à oser. Oser prendre les postes où nous pourrons faire changer les choses. Bien sûr, plusieurs femmes ont déjà tracé la voie, mais il faut poursuivre sur cette lancée. Il est étonnant de constater combien les proportions hommes-femmes changent au fur et à mesure que nous gravissons les échelons de la hiérarchie. Selon le portrait des effectifs infirmiers, 90 % des quelque 74 000 membres sont des femmes. Néanmoins, on constate que les infirmiers sont plus nombreux à occuper des postes décisionnels. Je suis persuadée que peu importe notre genre, nous avons les qualités pour relever les défis de transformation de notre réseau de la santé et aujourd’hui, plus que jamais, les talents de tous doivent être mis à profit.

Nous sommes présentement à une croisée des chemins en ce qui concerne la communauté infirmière. Plusieurs ont pris la parole pour dénoncer les conditions d’exercice difficiles. Force est d’admettre qu’il faut une bonne dose de courage pour ce faire. Une fois ces constats faits, quelles sont les actions concrètes qui peuvent être mises de l’avant pour transformer le système? Les problèmes sont nombreux et complexes. Une seule solution ne peut à elle seule tout corriger. Il faudra des infirmiers et des infirmières sur le terrain, des conseillères en soins infirmiers, des gestionnaires (notamment au sein des directions de soins infirmiers), des enseignants et des chercheurs (j’en oublie sans doute) pour orchestrer ces transformations essentielles qui feront en sorte que l’expertise infirmière sera reconnue à sa juste valeur. Il faut que nos voix se fassent entendre, non seulement dans la dénonciation, mais aussi dans la mise en œuvre de solutions dont nous, les infirmiers et infirmières, sommes les experts. J’ai récemment entendu des expressions (un peu humoristiques) qui, à mon avis, devraient guider nos actions :

Si vous n’êtes pas assis à la table, vous êtes probablement sur le menu. Osez donc exiger votre place à la table. Profitez de vos instances de soins infirmiers pour partager avec les décideurs vos idées visant l’amélioration des conditions d’exercice localement. 

Si vous n’êtes pas invité à la table, apportez votre propre chaise. Osez, insistez pour prendre part aux discussions. Lorsqu’on se présente à la table avec des solutions bien réfléchies, il y a plus de chance d’obtenir de l’écoute.

En cette journée internationale de la femme, je nous invite, nous les membres de la profession infirmière, tant les femmes que les hommes, à agir pour que soit respectée notre compétence unique, pour que nos interventions nous permettent d’utiliser l’ensemble de notre vaste champ d’exercice. Que nous tous, à nos niveaux respectifs, fassions en sorte que notre expertise soit reconnue, respectée et utilisée à sa pleine capacité.