L'Ordre

Concours Innovation infirmière Banque Nationale

Le concours Innovation infirmière, présenté par la Banque Nationale, vise à mettre en valeur les contributions cliniques novatrices d’infirmières et d’infirmiers. Il permet de reconnaître ces contributions aux différents domaines de pratique ainsi qu’à la santé de la population et à la qualité des soins offerts. Il contribue ainsi à l'avancement de la profession infirmière au Québec.

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Découvrez les lauréats régionaux 2021

Montréal/Laval [Grand gagnant provincial]
 

Mise en place d’une unité d’isolement et de services adaptés pour les personnes en situation d’itinérance atteintes de la COVID-19 et présentant des besoins en lien avec l’usage de substances psychoactives

Isoler les personnes itinérantes pour les protéger de la COVID-19

Comment s’isoler lorsque, atteint de la COVID-19 ou en attente du résultat d’un test d’un dépistage, on vit dans la rue? La réponse, l’équipe d’itinérance du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal l’a trouvée en créant une unité d’isolement et de services à l’intention de cette clientèle vulnérable dans l’ancien Hôpital Royal-Victoria.

L’unité d’isolement Royal-Victoria a ouvert ses portes le 31 mars 2020. Il s’agissait alors du premier milieu à assurer l’isolement sécuritaire des personnes en situation d’itinérance déclarées positives à la COVID. C’est aussi là que les premières initiatives québécoises de gestion de l’alcool (PGA-services wet) et d’approvisionnement sécuritaire ont été mises en place.

Ainsi, des programmes de consommation de substances supervisée et des protocoles de pharmacothérapie de remplacement ont été instaurés pour les personnes qui présentaient des troubles d’usage de substances, afin de maximiser leurs chances d’effectuer leur quarantaine. Les sevrages intrahospitaliers n'étaient pas envisageables à ce moment, compte tenu du taux d’occupation des hôpitaux.

« Nous sommes arrivées à nous adapter aux différents défis de la clientèle dans le but de favoriser l’adhésion à l’isolement, et ce, de façon sécuritaire, en nous basant sur des pratiques innovantes en réduction des méfaits pour les consommateurs d’opiacés et d’alcool », explique Marie-Ève Carignan, infirmière au sein de l’Équipe itinérance à la Direction des programmes santé mentale et dépendance du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Le déploiement du projet repose sur le travail de collaboration entre infirmières et infirmiers, médecins et intervenants communautaires. Les infirmières et infirmiers occupent un rôle central quant au respect des critères d’admissibilité, à la surveillance de l’état de santé physique et mentale des usagers ainsi qu’à l’évaluation et au traitement approprié de chacun.

« Compte tenu que les médecins étaient à distance, l’autonomie et le jugement clinique des infirmières et infirmiers ont été mis à contribution dans plusieurs situations cliniques complexes. Ils ont su mettre à profit leur leadership au sein d’une équipe interdisciplinaire, poursuit Cynthia Abel-Barriault, infirmière clinicienne à l’Équipe itinérance. C’est ce leadership qui a favorisé la cohésion dans le chaos, l’innovation et la sécurité des services. »

 

Un an d’opération

Entre mars 2020 et mars 2021, 330 personnes ont séjourné à l’unité. De ce nombre, 48 usagers ont bénéficié d’un programme de gestion de l’alcool; 6 ont bénéficié d’approvisionnement sécuritaire d’un traitement pharmacologique de remplacement; et 12 ont commencé ou poursuivi leur traitement agoniste aux opioïdes ou un sevrage d’alcool avec benzodiazépines. Seulement 23 usagers ont été transférés dans un hôpital en raison d’une détérioration de leur état physique ou mental pendant l’isolement.

L’unité a aussi permis aux usagers d’avoir une expérience positive avec les organismes communautaires et le réseau de la santé, puis d’amorcer un changement dans leurs habitudes. « Des liens ont été créés entre les usagers et les équipes en place, dont les membres de l’équipe itinérance, ce qui a permis à certains usagers d’intégrer des programmes de réadaptation en dépendances », souligne Cynthia Abel-Barriault.

Le contexte de la pandémie a rendu possible la mise en place de pratiques cliniques novatrices, ce qui a eu pour effet d’apaiser les craintes liées à l’isolement des personnes itinérantes au sein de la communauté. Selon Mmes Carignan et Abel-Barriault, parvenir à cette réalisation, dans un contexte interdisciplinaire et en partenariat avec le milieu communautaire, permet d’entrevoir différentes avenues de développement de services dans les ressources d’hébergement en itinérance.

 

Actrices du projet

  • Marie-Ève Carignan, inf., infirmière – équipe itinérance
  • Eliocha Cournoyer, inf., infirmière clinicienne – équipe itinérance
  • Mélanie Beausoleil, inf., infirmière – équipe itinérance
  • Jessica Berardino, cheffe de service itinérance
  • Dr Mathieu Isabel, chef médical – équipe itinérance
  • Cynthia Abel-Barriault, inf., infirmière clinicienne – équipe itinérance

 

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Québec (Capitale-Nationale)
 

Implication des IPSPL dans le Projet de régulation des services préhospitaliers d'urgence et de prise en charge alternative des patients en contexte non urgent dans le cadre du plan de contingence COVID-19

Trier les patients avant qu’ils arrivent à l’urgence
Un centre de tri préhospitalier pour diminuer les visites à l’urgence

Les personnes qui téléphonent au 911 pour une situation de santé non urgente sur le territoire de la ville de Québec ne sont plus systématiquement transportées en ambulance à l’urgence d’un hôpital. Selon leur état, elles peuvent être dirigées vers un groupe de médecine de famille (GMF), une clinique ou le service de soutien à domicile, grâce au projet de régulation des services préhospitaliers d’urgence et de prise en charge alternative des patients.

L’implantation du projet, qui était en préparation depuis deux ans, s’est accélérée avec la pandémie et l’appui du ministère de la Santé et des Services sociaux. « Tout le monde voulait diminuer le nombre de patients non prioritaires dans les urgences et éviter les longs délais d’attente pendant lesquels un patient pouvait être infecté, et c’est exactement l’idée du projet », souligne Sébastien Gaudreault, adjoint au président-directeur général adjoint au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

 

L’IPSPL à l’avant-plan

Le Centre de régulation régional des services préhospitaliers d’urgence (CRRSPU), mis sur pied au printemps 2020, vise à orienter les usagers vers la ressource la plus appropriée, en fonction de leur état. Lorsqu’une équipe ambulancière intervient auprès d’un patient ne nécessitant pas de soins urgents, elle communique avec un technicien ambulancier paramédic (TAP) du centre qui collige l’information et la transmet à l’infirmière praticienne spécialisée de première ligne (IPSPL) de garde. Cette dernière contacte alors l’équipe ambulancière pour effectue l’évaluation de la condition physique et mentale du patient.

L’IPSPL dirige ensuite le patient vers le service le plus approprié, que ce soit l’urgence, son GMF d’appartenance, une clinique dédiée COVID (CDC), le service de soutien à domicile ou les services psychosociaux. Il s’agit d’une décision qui tient compte entre autres des capacités de l’usager à se déplacer et de celles d’un GMF à recevoir un usager à mobilité réduite, ainsi que de la disponibilité d’un plateau technique. Elle rédige ensuite une note à consigner dans le dossier médical électronique (DME) et dont pourront prendre connaissance le milieu clinique receveur ou le médecin de famille.

« Les IPSPL doivent faire preuve de leadership et exercer un jugement clinique pour évaluer l’état du patient à distance, parfois dans des situations complexes. C’est motivant et cela leur a donné confiance en leur potentiel et fait réaliser l’importance de leur rôle », estime Sébastien Gaudreault.

Autre retombée du projet, lorsqu’un transport ambulancier n’est pas nécessaire, les TAP sont libérés, ce qui les rend disponibles pour répondre à d’autres appels – une pratique qui déroge aux règles actuelles. « La loi prévoit qu’un appel au 911 se traduit par un transport à l’urgence où l’équipe ambulancière doit rester au chevet du patient jusqu’à ce qu’il soit pris en charge. Avec le projet, on diminue les transports à l’urgence et on rend nos équipes ambulancières disponibles plus rapidement, ce qui contribue à réduire les temps d’attente pour d’autres patients », explique Sébastien Gaudreault.

Les premiers résultats vont en ce sens. En 11 mois d’opération, le centre a reçu 1 681 appels pour des conditions cliniques non urgentes. De ce nombre, 1 107 ont donné lieu à une évaluation par les IPSPL, qui ont orienté l’usager dans les services d’urgence dans 24 % des cas ou assuré une prise en charge dans 76 % des appels. À l’été 2020, 78,7 % des usagers consultés par sondage considéraient que le service reçu avait davantage répondu à leur besoin que s’ils avaient consulté à l’urgence.

 

Acteurs du projet

  • Sébastien Gaudreault, inf., adjoint PDGA, CIUSSSCN
  • Nathalie Gauthier, inf., chef de service des IPS
  • Marie-Noëlle Vallée, inf., IPSPL
  • Marie-Pier Beaudet, inf., IPSPL
  • Véronique Dion, inf., IPSPL
  • Alexandra Carrier, inf., IPSPL
  • Andrée-Hélène Cloutier, inf., IPSPL
  • Anne-Marie Turcotte, inf., IPSPL
  • Evelyne Lavoie, inf., IPSPL
  • Jessica Marcotte, inf., IPSPL
  • Julie Roussel, inf., IPSPL
  • Karoline Demers, inf., IPSPL
  • Marie-Pier Ferland, inf., IPSPL
  • Mélanie Gauthier-Gagnon, inf., IPSPL

 

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Laurentides/Lanaudière
 

Analgésie ambulatoire par voie périnerveuse : quand l'infirmière est l'experte dans l'art de soulager!

Soulager la douleur postopératoire à la maison

Durée de séjour à l’hôpital écourtée, diminution du recours aux opioïdes, soulagement de la douleur amélioré : les retombées positives de l’analgésie ambulatoire par voie périnerveuse utilisée depuis 2017 pour des chirurgies au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Est-de-l'Île-de-Montréal sont nombreuses. C’est Julie Lebeau, infirmière clinicienne au service d'analgésie de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui a lancé l’idée d’utiliser l’analgésie ambulatoire en voyant que plus de 75 % des patients en postopératoire ressentaient de la douleur modérée à sévère à leur retour à domicile – douleur qui n’était pas toujours soulagée. Le projet a d’abord ciblé les chirurgies d’un jour en orthopédie pour lesquelles l'analgésie à domicile avait réduit les durées d’hospitalisation aux États-Unis. La technique utilise la pompe élastomérique, communément appelé biberon, connectée à un cathéter périnerveux. Un anesthésique local est perfusé par ce dispositif pour soulager la zone opérée. Le patient peut donc retourner à la maison la journée même de la chirurgie, et ce, sans ressentir de douleur. Une infirmière clinicienne assure un suivi téléphonique quotidien pour évaluer que tout se passe bien et que la douleur du patient est toujours soulagée. « Avec l’analgésie ambulatoire, les patients restent moins longtemps à l’hôpital; ils sont mieux soulagés, ressentent moins d’effets secondaires et ont moins besoin de médicaments », résume Julie Lebeau en soulignant le taux de satisfaction de 98 % des patients – un chiffre appuyé par les commentaires recueillis lors d’appels téléphoniques. « Les patients disent n’avoir jamais été aussi bien soulagés et se sentent moins démunis face à la douleur », complète-t-elle. L’infirmière clinicienne ajoute qu’en 2017, la durée moyenne de séjour en orthopédie était de plus de sept jours. Aujourd’hui, il n’y a presque plus de patients hospitalisés pour des chirurgies de l’épaule, du coude ou du poignet. Et ceux qui le sont pour des raisons de santé quittent généralement dès la première journée postopératoire. La réussite du projet repose en grande partie sur le travail d’équipe. Chacun des membres a son rôle, que ce soit le pharmacien qui prépare la pompe élastomérique, l’anesthésiologiste qui installe le cathéter périnerveux, l’infirmière qui fait l’enseignement en pré-opératoire ou l’évaluation postopératoire pour assurer un retour à domicile sécuritaire, explique Natalia Gulpa, conseillère cadre en soins infirmiers – volet chirurgie, au sein de ce CIUSSS. Quant à l’infirmière clinicienne, elle accompagne le patient de son arrivée en préopératoire jusqu’à trois jours après sa chirurgie pour s’assurer que tout se passe bien, en plus de répondre à ses questions et à celles des équipes.

 

Un modèle exportable

Le fait de pouvoir retourner un patient à la maison sans douleur a amené l’équipe à réfléchir. Elle a constaté que des chirurgies qui demandaient une hospitalisation pouvaient être réalisées en mode ambulatoire. Les médecins ont adapté leurs façons de faire en favorisant, par exemple, les gestes moins invasifs et en consultant le service d'analgésie pour la gestion de la douleur. Cette réflexion a amené à une utilisation plus large de l’analgésie ambulatoire.

La thérapie est désormais disponible dans d’autres points de service, dont l’hôpital Santa Cabrini et la Clinique chirurgicale de Laval.

 

Actrices du projet

  • Julie Lebeau, inf., infirmière clinicienne, service d’analgésie HMR
  • Natalia Gulpa, inf., conseillère cadre en soins infirmiers, volet chirurgie CEM
  • Janie Dubé, inf., infirmière clinicienne, service d’analgésie HMR
  • Sophie Gendreau, inf., service d’analgésie HSCO
  • Yacine Selaimia, inf., coordonnateur clinico-administratif épisode de soins
  • Janick Perrier, coordonnatrice clinico-administrative activités périopératoires
  • Dre Véronique Brulotte, anesthésiologiste responsable du service d’analgésie
  • Dre Ariane Clairoux, anesthésiologiste

 

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Mauricie-Centre-du-Québec
 

Codes d’alerte et gestion de la COVID-19 : prévenir, anticiper et contrôler l’évolution des éclosions

Prévenir et contrôler les éclosions de COVID-19 grâce à des codes d’alerte

L’implantation de codes d’alerte et d’un processus de gestion de la COVID-19 permet de prévenir, d’anticiper et de contrôler l’évolution des éclosions de COVID-19 dans les établissements du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Lorsque la pandémie a frappé, au printemps 2020, tous les professionnels ont été déconcertés par la rapidité de propagation du virus. L’équipe de prévention et de contrôle des infections (PCI) a rapidement émis des directives afin de rendre les milieux cliniques sécuritaires, mais tous ses membres ressentaient le besoin d’avoir un processus plus structuré. Ainsi, quand la première vague s’est atténuée, les infirmières du service se sont réunies avec le microbiologiste-infectiologue pour élaborer et mettre en place un processus de gestion des éclosions en prévision de la seconde vague. L’équipe souhaitait ainsi diminuer le nombre d’éclosions dans les milieux de soins et prévoir la gestion du personnel qui travaille au sein de divers établissements.

Ensemble, ils ont mis en place des codes d’alerte : vigilance, mise sous tension, gestion des éclosions et gestion des éclosions allégée. Ces quatre codes sont associés à des actions et des mesures de protection spécifiques qui visent tous les membres du personnel. « Le processus indique qui doit intervenir et à quel moment, et quelles actions mettre en place pour chaque palier, de façon à ce que tout le monde suive le même processus, y compris les professionnels qui se déplacent dans plusieurs installations », explique Geneviève Campbell, chef de service de la prévention des infections au CIUSSS MCQ.

Les procédures sont résumées sur des affiches illustrées de pictogrammes regroupées dans des stations visuelles COVID. Ces stations sont déployées depuis septembre 2020 dans tous les milieux cliniques du CIUSSS qui accueillent, hébergent ou hospitalisent des usagers. Les conseillères en PCI animent ensuite les stations visuelles, répondant aux questions des usagers et des employés.

 

Révision en continu

La procédure est mise à jour régulièrement à la lumière des avancées scientifiques et des observations des infirmières du service de PCI. Ces dernières assurent la surveillance de toute l’actualité liée à la COVID-19. Lors de situations particulières, elles contactent le médecin officier pour valider la meilleure conduite à tenir.

« Avec son expertise, les éléments de son évaluation et son jugement, l’infirmière donne au médecin ses impressions cliniques et propose des stratégies. Chaque détail est primordial, car il permet de déterminer la meilleure stratégie afin de limiter la transmission du virus. Le médecin est ensuite en mesure de nous transmettre ses recommandations. Le service veille ensuite à ce que les consignes soient transmises à la bonne personne et mises en place rapidement », explique Geneviève Campbell.

 

Un environnement plus sécuritaire

Pour la chef de service, le projet permet une gestion fluide, rapide, structurée et efficace des éclosions, laquelle se concrétise par des résultats probants. Depuis la mise en place du projet en septembre 2020, l’équipe a fait face à 108 codes de mise sous tension dans l’ensemble des installations du CIUSSS. Parmi eux, 64 % sont revenus en mode vigilance et seulement 36 % ont cheminé vers le code de gestion d’éclosion.

« Cela nous permet de mieux protéger les usagers et les employés. En identifiant rapidement les cas, on réussit à diminuer la durée des éclosions et leur nombre. On évite aussi d’exporter des cas dans d’autres installations », souligne Geneviève Campbell.

Elle ajoute que le processus et les codes d’alerte n’auraient pu être implantés sans la reconnaissance de l’expertise et de la rigueur des infirmières du service de PCI par ses partenaires du CIUSSS. « Cette confiance est essentielle et explique la réussite du projet », conclut-elle.

 

Actrices du projet

  • Geneviève Campbell, inf., ICS-PCI, chef de service de la prévention des infections
  • Dre Lise-Andrée Galarneau, microbiologiste-infectiologue
  • Karine Bertrand, inf., conseillère cadre en PCI
  • Isabelle Pépin, inf., conseillère cadre en PCI
  • Caroline Labrecque, inf., conseillère cadre en PCI
  • Marie-Ève Lebel, inf., conseillère cadre en PCI
  • Stéphanie Despins, inf., directrice adjointe des soins infirmiers
  • Elise Leclair, inf., directrice des soins infirmiers

 

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Chaudière-Appalaches
 

Clinique d’installation de contraceptifs intra-utérins

Des cliniques d’installation de stérilet chapeautées par des IPS de première ligne

Les femmes qui résident sur le territoire du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches n’ont plus à attendre des mois pour l’installation d’un stérilet, depuis l’ouverture de trois cliniques d’installation de contraceptifs intra-utérins par des infirmières praticiennes spécialisées et infirmiers praticiens spécialisés en soins de première ligne (IPSPL) en avril 2020.

Les cliniques ont été mises sur pied dans l’optique de diminuer les délais d’attente pour les femmes voulant avoir accès à ce moyen de contraception. Ces dernières pouvaient attendre jusqu’à un an après avoir obtenu une prescription pour l’installation d’un stérilet avant d’être rencontrées par un gynécologue. Devant ce constat, des IPSPL ont initié un groupe de travail réunissant gestionnaires, médecins et infirmières pour proposer des solutions.

C’est ainsi que les premières cliniques d’installation de contraceptifs intra-utérins ont été implantées dans les trois centres locaux de services communautaires (CLSC) de la Beauce. Les IPSPL y assurent une présence une demi-journée à une journée par mois. Ils procèdent à l’installation et au retrait de stérilets, assurent le suivi post-installation et prodiguent aussi de l’enseignement en collaboration avec les infirmières du milieu qui sont détentrices d’un droit de prescrire, ainsi que les omnipraticiens et les pharmaciens. Ils offrent en outre le dépistage d’infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) et la cytologie.

Les femmes peuvent être dirigées vers les cliniques par l’infirmière clinicienne (en GMF, CLSC ou milieu scolaire) détenant un droit de prescrire, l’omnipraticien en milieu communautaire ou l’IPS qui ne procède pas à l’installation de stérilets.

« Le projet permet de combiner l’expertise des infirmières détenant un droit de prescrire à celle des IPSPL en proposant une offre de services spécifique à leurs activités réservées et professionnelles », explique Andréanne Huot, chef de service régionale des IPS au CISSS de Chaudière-Appalaches.

Les cliniques ont aussi l’avantage pour les femmes d’améliorer la disponibilité de ce moyen de contraception, de simplifier la prise en charge sans qu’il y ait une référence médicale et d’offrir un accès rapide à la contraception d’urgence, d’ajouter Mme Huot.

 

Un projet en expansion

Les premiers résultats le prouvent. Depuis l’ouverture des cliniques, plus de 200 stérilets y ont été installés, ce qui a fait chuter le temps d’attente à moins d’un mois et entraîné une diminution des requêtes auprès des gynécologues, qui peuvent dorénavant consacrer plus de temps aux demandes de deuxième et de troisième lignes.

Le projet a mené à une collaboration plus efficiente – sans chevauchement de pratique – entre les professionnels et favorisé des liens de proximité entre les IPSPL et les infirmières cliniciennes. « L’IPSPL devient la référence professionnelle en santé sexuelle pour ces infirmières lors des questionnements », souligne Mme Huot.

Devant ces succès, les IPSPL suivent présentement une formation pour pouvoir offrir une nouvelle méthode de contraception : l’implant sous-cutané, reconnu comme un moyen fiable de prévenir les grossesses.

Ils se préparent également à ouvrir quatre nouvelles cliniques cet automne, notamment dans le secteur de Lévis où les délais d’attente pour l’installation d’un stérilet atteignent 14 mois, afin d’offrir des services à toutes les femmes qui vivent sur le territoire du CISSS de Chaudière-Appalaches.

 

Acteurs du projet

  • Andréanne Huot, inf., chef de service régionale des IPS
  • Julie Poirier, inf., IPSPL
  • Samuel Gagné, inf., IPSPL
  • Vicky Racine, inf., IPSPL
  • Estelle Rancourt, inf., IPSPL
  • Sophie Mathieu, inf., IPSPL
  • Maxime Fortin, inf., IPSPL

 

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Abitibi-Témiscamingue
 

Méthode de soulagement de la douleur pendant le travail et l’accouchement

Parler d’une même voix pour soulager la douleur lors de l’accouchement

Les infirmières du département d’obstétrique de l’hôpital Ville-Marie au CISSS Abitibi-Témiscamingue ont créé un guide qui rassemble les techniques de soulagement de la douleur pendant le travail et l’accouchement afin de mieux soutenir les femmes lorsqu’elles donnent naissance.

L’idée est née d’un constat : au cours de leur accouchement, nombre de femmes se plaignent de ne pas savoir quoi faire pour apaiser la douleur et peinent à comprendre les explications des infirmières, explique Sandrina Barrette, chef d’unité en obstétrique au CISSS AT. Deux membres de son équipe ont trouvé une solution : un guide plastifié qui réunit les différentes techniques disponibles pour apaiser la douleur et les explique avec des mots simples et faciles à comprendre ainsi que des photos.

Ses idéatrices, Caroline Gélinas et Audrey Lambert, toutes deux infirmières au sein de l’unité des naissances, ont regroupé dans un guide facile d’utilisation les méthodes de soulagement de la douleur offertes dans leur établissement et pouvant être proposées au courant du travail et de l’accouchement. Ainsi, une foule de solutions de rechange peuvent être proposées et essayées avant d’avoir recours à l’épidurale.

Le guide sert aussi d’aide-mémoire aux jeunes infirmières qui ne maîtrisent pas toutes les techniques de soulagement de la douleur et qui ont tendance à en oublier au chevet des patientes. Ce guide permet aussi d’informer rapidement les médecins et infirmières en remplacement sur les méthodes disponibles. Ils peuvent ainsi discuter avec l’équipe de l’unité et les parents sans proposer une solution que le milieu n’offre pas, ce qui permet de soulager plus rapidement les patientes, souligne Sandrina Barrette. Déjà, on note que le guide a permis d’éviter ou de retarder la mise en application d’une épidurale dans plusieurs cas.

« Le guide aide les infirmières et les médecins à expliquer les techniques de soulagement de la douleur. Et dans certains cas, il a amené des mamans à essayer des techniques qu’elles n’auraient pas envisagées sans cet outil de présentation », explique Sandrina Barrette, qui se réjouit que toute l’équipe d’obstétrique utilise les mêmes techniques et parle même langage. « Cela donne une cohérence à nos interventions. »

Le document vient également encadrer le rôle d’accompagnatrice des infirmières pendant le travail de la mère, indique Mme Barrette. « Le rôle de l’infirmière est clairement défini, notamment dans le soutien qu’elle peut apporter à la patiente pendant le travail. On y précise également que le rythme de la mère est respecté afin de rendre ce moment inoubliable ».

 

Du domicile à l’hôpital

La portée du guide dépasse le cadre de l’hôpital. Les futures mères le reçoivent en même temps que les documents préparatoires à l’accouchement et il est en annexe des cours prénataux en ligne. Elles peuvent ainsi en faire une première lecture à la maison et poser leurs questions à l’infirmière. Le fait de consulter le guide à l’avance est rassurant pour les mères… et les pères, selon Mme Barrette.

« Généralement, les pères ne savent pas trop quoi faire, mais avec le guide, ils prennent des initiatives et se sentent utiles. Grâce à leur contribution, ils ont permis d’éviter ou de retarder le recours à l’épidurale dans plusieurs cas », ajoute la chef d’unité.

L’équipe de l’unité d’obstétrique espère que le CISSSAT approuvera l’utilisation des guides en français et en anglais, sortis respectivement à l’hiver 2020 et 2021, de sorte qu’ils soient diffusés dans toutes les unités d’obstétrique de la région.

 

Actrices du projet

  • Sandrina Barrette, inf., chef d’unité
  • Audrey Lambert, infirmière bachelière
  • Caroline Gélinas, infirmière

 

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Montérégie
 

Les rencontres prénatales virtuelles

Des rencontres prénatales dans le confort de son foyer

Les futurs parents de la Montérégie assistent désormais à leurs rencontres prénatales en mode virtuel. L’initiative née pendant le confinement évite ainsi aux parents d’avoir à se déplacer et permet aux infirmières cliniciennes animatrices d’offrir des services adaptés et personnalisés.

Dans les semaines suivant la suspension des cours prénataux engendrée par la pandémie, en mars 2020, le niveau d’anxiété des familles a augmenté. Et elles étaient plus nombreuses à se présenter moins bien préparées à l’accouchement, à l’allaitement et aux soins du nouveau-né, raconte Isabelle Savary, conseillère cadre en soins infirmiers au Centre intégré de santé et de service sociaux de la Montérégie-Centre (CISSSMC). Les infirmières des unités mère-enfant (UME) des hôpitaux recevaient également plus d’appels de couples voulant visiter l’unité ou en savoir davantage sur son fonctionnement. « Il fallait trouver une façon de répondre à leurs besoins », ajoute-t-elle.

La Direction jeunesse et la Direction des soins infirmiers ont alors révisé leurs plans de cours et dès juillet 2020, 36 couples participaient aux premières rencontres prénatales virtuelles dispensées sur l’application ZOOM. La formule a tout de suite plu aux futurs parents qui n’avaient plus à se déplacer à la fin d’une journée de travail pour suivre la formation. « Ils apprécient être assis sur leur divan, parfois en pyjama, de pouvoir se mettre à l'aise, de relever leurs jambes, de boire et de manger pendant la rencontre, et même de partager des commentaires avec leur partenaire sans déranger les autres parents », rapporte Isabelle Savary.

 

Une nouvelle approche

Les infirmières cliniciennes animatrices se sont rapidement approprié la nouvelle formule. Elles ont développé de nouvelles habiletés d’animation et de gestion de groupe en mode virtuel, en plus d’adapter le contenu pour le rendre plus interactif. Et grâce aux suivis des indicateurs de qualité tels que la rétention de l’information et l’appréciation de la clientèle, elles ont appris à réajuster leurs enseignements rapidement et à mettre en place des stratégies adaptées aux besoins spécifiques de la clientèle, explique Isabelle Savary.

« Avec ce projet, l’infirmière clinicienne est amenée à jouer pleinement son rôle dans le volet santé communautaire par son expertise ainsi que ses capacités d'évaluation prénatale et de suivi. Son expertise en matière de prévention et de promotion de la santé est un facteur déterminant dans la diminution des risques et dans l'intervention préventive pour la grossesse, l'accouchement, le postpartum et la gestion du nouveau-né », poursuit celle pour qui le succès des rencontres virtuelles doit beaucoup à la motivation et à l’esprit d’ouverture des infirmières.

Les rencontres virtuelles ont aussi favorisé le partage de bonnes pratiques entre les infirmières cliniciennes animatrices, qui ont regroupé la documentation et les outils didactiques dans un dossier commun par souci d’uniformité.

 

Rayonnement élargi

Les infirmières cliniciennes animatrices apprécient également ne plus avoir à se déplacer dans les deux établissements qui dispensaient autrefois le cours en présentiel(Champlain et Haut-Richelieu-Rouville) de la Montérégie-Centre. « On peut joindre plus de gens en même temps et en toute sécurité malgré la COVID, donc on utilise moins d’effectifs, ce qui nous permet de mettre de l’énergie sur d’autres activités », rapporte Isabelle Savary. Ainsi, depuis l’implantation des rencontres virtuelles, 228 couples ont assisté aux rencontres prénatales, alors qu’en mode présentiel, seulement 105 couples auraient pu y assister.

Offerte en français et, depuis avril 2021, en anglais, la formule virtuelle est donc là pour rester. Une adaptation en d’autres langues pourrait également être envisagée selon la clientèle.

 

Actrices du projet

  • Cristelle Brouillette, infirmière, chef des programmes SIP et scolaire
  • Élizabeth Dubé St-Martin, infirmière, chef des programmes SIP et scolaire (intérim)
  • Yolaine Michaud, infirmière, infirmière clinicienne Santé parentale et infantile
  • Carine Ouellet, infirmière, infirmière clinicienne soutien à la pratique
  • Stéphanie Ouellet, infirmière, assistante du supérieur immédiat
  • Élène Perron, infirmière, infirmière clinicienne Santé parentale et infantile
  • Isabelle Savary, infirmière, conseillère cadre en soins infirmiers
  • Josée Sirois, infirmière, assistante du supérieur immédiat

 

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Estrie
 

Service d’urgence adapté à la personne âgée (urgence Hôtel-Dieu de Sherbrooke) CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Une nouvelle vision pour améliorer les soins aux aînés

Devant le taux de fréquentation en augmentation de la clientèle âgée dans son milieu de soins, une équipe de l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke a décidé d’engager un processus d’accréditation d’urgence gériatrique afin de leur offrir des soins adaptés. Deux plus tard, en 2020, le service devenait la première urgence au Québec et au Canada à être accréditée par l'American College of Emergency Physicians, niveau argent. 

Lorsqu’elle a émis l’idée d’obtenir l’accréditation d’urgence gériatrique, Hélène Loiselle, chef de service d’urgence de l’Hôtel-Dieu, lié au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux – Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CIUSSS-CHUS), souhaitait mieux répondre aux besoins des personnes âgées, qui se présentent souvent avec des maladies chroniques, des comorbidités, une longue liste de médicaments et des éléments psychosociaux instables.

Un service d'urgence gériatrique repose sur une approche collaborative d'une équipe interdisciplinaire ainsi que sur le changement de la philosophie des soins, explique la chef de service. Le service d’urgence et les soins prodigués aux aînés ont donc été repensés.

 

Adapter les soins et l’environnement

Désormais, lorsqu’un patient âgé se présente pour une condition autre qu’une urgence, comme une fracture de la hanche, il est dirigé vers le « parcours gériatrique ».

L’infirmière au triage l’évalue et lui accorde une cote tenant compte de ses éléments de fragilité. Son évaluation inclut notamment le dépistage du delirium, le statut de fragilité, la perte d’autonomie et le risque de chute du patient. « Son évaluation est essentielle pour évaluer et dépister rapidement tous les problèmes présents à l’arrivée du patient ou susceptibles de se développer pendant son séjour à l’urgence », souligne Hélène Loiselle.

Le patient sera rencontré par l’infirmière dédiée à la clientèle gériatrique, qui procédera à une évaluation approfondie des problématiques de la personne et le dirigera vers d’autres membres de l'équipe tels que le physiothérapeute, le pharmacien ou le travailleur social, lorsque requis.

L'infirmière doit aussi prévoir, dès l'arrivée du patient âgé à l'urgence, le retour à la maison. Elle doit anticiper les besoins et vérifier que les ressources seront mises en place, pour éviter que le patient revienne à l’urgence en raison d’une sortie mal planifiée.

Au-delà des soins, il a fallu adapter l’environnement dans le but de le rendre sécuritaire et accessible pour les personnes âgées. L’offre d’aides techniques – marchette, canne – a été augmentée afin de favoriser la mobilité des personnes âgées, souligne Hélène Loiselle.

 

Des retombées importantes

L’urgence gériatrique a eu des retombées importantes sur la qualité des soins. Avant la période de la COVID-19, les admissions de personnes âgées avaient diminué de 5 %, sans augmentation de la durée de séjour. Et plus de 60 % des patients qui auraient été hospitalisés ont été retournés à domicile. « Ce sont des résultats concrets qui ont un impact direct sur la qualité des soins et de la prise en charge de nos personnes âgées, qui peuvent rentrer à domicile dans des conditions sécuritaires », se réjouit Hélène Loiselle.

Devant ce succès, l’urgence de Brome-Missisquoi-Perkins (Cowansville) a emboîté le pas et obtenu, en février 2021, une accréditation de niveau bronze de l'American College of Emergency Physicians. Des travaux sont en cours à l’urgence de l'Hôpital de Fleurimont afin de déployer le projet et, à moyen terme, Hélène Loiselle espère qu’il sera instauré dans les neuf urgences du CIUSSS-CHUS.

 

Actrices du projet

  • Maryse Grégoire, inf., conseillère cadre clinicienne, urgence
  • Hélène Loiselle, inf., chef de service, urgence 
  • Dre Audrey-Anne Brousseau, urgentologue
  • Véronic Poulin, inf., infirmière clinicienne, équipe de consultation gériatrie
  • Mihret Karahasanovic, physiothérapeute
  • Joëlle Desbiens, pharmacienne
  • Maria-Noël Bel-Marichal, inf., chef de service UG-UCDC, DPSAPA
  • Dre Marie-Laure Collinge, urgentologue
  • Dre Sylvianne Guitard

 

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