Lauréats Florence

Patricia Germain, promotion de la santé 2019

Patricia Germain, promotion de la santé 2019

Fier parrain

 

Parce que l’enfance et les expériences vécues durant cette période ont des répercussions pour le reste de la vie, Patricia Germain a placé les enfants et leur famille au cœur de sa pratique pour favoriser le développement de leur plein potentiel.

Patricia Germain s’intéresse aux expériences de vie des enfants abandonnés et des familles adoptives dès le début de sa carrière, en 1997, alors qu’elle coordonne les activités de la clinique de santé internationale du CHU Sainte-Justine. Elle participe alors à des missions dans des orphelinats étrangers (Chine, Vietnam, Haïti) afin de comprendre la réalité des enfants qui ne seront jamais adoptés. Touchée, elle poursuit à la maîtrise en vue d’améliorer les conditions de soins des enfants souffrant du VIH dans les orphelinats. Puis, souhaitant approfondir ses connaissances sur les familles adoptives et explorer l’univers de la recherche, elle s’inscrit au doctorat en sciences humaines appliquées. Sa thèse sur l'expérience de l’enfant adopté en tant que membre d’une famille d’origine ethnique différente sera le fer de lance de sa programmation de recherche en adoption internationale.

L’expertise infirmière au bénéfice des enfants

Ses travaux sur les enfants abandonnés et l’adoption internationale sont reconnus mondialement. Mais ce n’est pas le seul sujet de prédilection de Patricia Germain, qui a aussi étudié les particularités multiculturelles au sein des familles ainsi que les stratégies favorisant le développement du plein potentiel de l’enfant.

Le point commun de ses recherches : apporter des réponses concrètes aux réalités vécues par les infirmières et influer sur leurs pratiques afin qu'elles utilisent toutes leurs compétences adéquatement.

« Les études démontrent que lorsque les infirmières occupent pleinement leur champ de pratique, elles deviennent des guides précieux, des ressources sur lesquelles les familles peuvent s'appuyer sans se sentir jugées ou réprimées », souligne-t-elle, convaincue que les infirmières peuvent apporter une contribution décisive au quotidien dans l’accompagne- ment des enfants et des familles.

Dans cette optique, elle collabore à de nombreux projets ou l'expertise infirmière est à l’avant-plan dans un cadre interdisciplinaire. Il en est ainsi dans le projet « Anna et la mer », qui apporte du soutien aux enfants avec un parent atteint d'un problème de santé mentale. Elle y prend en charge le volet santé avec les intervenants de première ligne, dont des infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne et des infirmières en GMF.

Promotion et partage des connaissances

La confiance acquise lors de sa première conférence devant ses pairs, alors qu’elle était jeune infirmière, a été un tremplin vers l’enseignement. Aujourd’hui, Patricia Germain se distingue par sa capacité à transmettre ses connaissances et par ses approches pédagogiques novatrices.

« Pour développer de futurs professionnels ayant un souci pour les clientèles vulnérables, il faut leur faire vivre une expérience concrète », dit-elle.

C’est ainsi qu’elle a développé des ateliers où les étudiantes doivent l’accompagner dans des organismes communautaires œuvrant auprès des familles.

« Cette façon de faire permet de sensibiliser les étudiantes aux réalités des familles et d'assurer une relève plus humaine dans les soins de santé. »

Ses étudiantes témoignent de son dévouement, de son écoute, de sa simplicité et de sa capacité à les pousser lentement vers l’autonomie. Travailler avec Patricia Germain, c’est être reconnu comme un contributeur important à l’avancement à ses recherches.

En outre, elle a le souci continuel de positionner l'infirmière au cœur des solutions lorsque l’on pense à la promotion du développement des enfants. Elle saisit les occasions pour s’adresser autant aux instances politiques qu'aux infirmières elles-mêmes afin de témoigner de l'importante contribution de la profession auprès de cette clientèle. Elle souhaite conscientiser les infirmières au rôle de premier plan qu'elles doivent exercer auprès des enfants, peu importe leur milieu de pratique.

« Être infirmière est la plus belle profession du monde, parce qu’elle permet à quiconque voudrait aller de l’avant de travailler dans tous les domaines, de continuellement se réinventer et d’évoluer. Je tente d’aider les étudiantes à garder en tête pourquoi elles ont choisi cette profession au départ et de les motiver à ne jamais perdre de vue cette inspiration. »

PATRICIA GERMAIN

inf., Ph. D.

Professeure
Département des sciences infirmières, Université du Québec à Trois-Rivières

Chercheuse
Centre d’études interdisciplinaires sur le développement de l’enfant et de la famille