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La méthode kangourou, ou le peau-à-peau

Mélissa Savaria, inf., IBCLC, Audrey Larone Juneau, inf., M. Sc., Sophie De Lachevrotière, inh., et Marie-Josée Martel, inf., Ph. D.

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01 nov. 2017
La méthode kangourou, ou le peau-à-peau
Le petit Thomas, né à 28 semaines de gestation, profite des bienfaits de la méthode kangourou. Thomas est le fils de Sophie De Lachevrotière, l’une des co-auteures de cet article. Crédit photo: DJUBOX.CA

La méthode kangourou (MK) offre un contact « peau-à-peau » entre le parent et son bébé. Cette pratique a été élaborée à Bogota en 1978 afin de pallier le manque de ressources matérielles, comme les incubateurs, et de tenter de renverser les taux élevés d’infection et de mortalité néonatales. Elle visait spécifiquement les bébés de petit poids de naissance que les parents portaient 24 heures sur 24 sur eux dans une poche ventrale, à la façon des marsupiaux, qui leur servait ainsi d’incubateur naturel. Cette méthode largement éprouvée est aujourd’hui mise en application partout dans le monde.

Lors d’une naissance à terme, si le bébé n’a pas besoin d’une surveillance spécifique, le contact peau-à-peau peut être pratiqué dans les minutes suivant la naissance. Toutefois, dans le cas d’une naissance prématurée, le bébé doit généralement être transféré rapidement à l’unité néonatale. Même dans ces conditions, le contact peau-à-peau est favorisé dès que possible, lorsque l’état du bébé le permet et que le parent est disponible.

La méthode kangourou offre au bébé des expériences positives semblables à celles qu’il a vécues dans le ventre de sa mère. Il peut réentendre les sons qui lui sont familiers, notamment les battements du cœur et les bruits de digestion provenant des intestins. Lorsque la mère applique la méthode kangourou, le bébé peut sentir les odeurs familières de sa peau et du lait maternel. Lorsque le père prend le bébé selon la méthode kangourou, celui-ci reconnaît sa voix plus grave, qui traversait plus facilement les parois utérines. Il peut en outre exercer son réflexe de préhension et se réconforter en agrippant les poils de son torse (même si cela peut faire grimacer papa!).
 

 

 


Références

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Anderzén-Carlsson, A., Z.C. Lamy et M. Eriksson. « Parental experiences of providing skin-to-skin care to their newborn infant–Part 1: a qualitative systematic review », International Journal of Qualitative Studies on Health and Well-being, vol. 9, 2014, 23 p.

Ludington-Hoe, S.M. « Kangaroo care is developmental care », in C. Kenner et J. McGrath (ss la dir. de), Developmental Care of Newborns and Infants (2e éd), St. Louis (MO), Mosby & National Association of Neonatal Nurses (NANN), 2010, p. 245-288.

Moore, E.R., N. Bergman, G.C. Anderson et N. Medley. « Early skin-to-skin contact for mothers and their healthy newborn infants », Cochrane Database of Systematic Reviews, vol. 11, 2016.
Repéré à http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD003519.pub4/epdf

Nyqvist, K.H., G.C. Anderson, N. Bergman, A. Cattaneo, N. Charpak, R. Davanzo et al. « State of the art and recommendations. Kangaroo mother care: application in a high-tech environment », Breastfeeding Review, vol. 18, n° 3, nov. 2010, p. 21-28.

Roller, C.G. « Getting to know you: mothers’ experiences of kangaroo care », Journal of Obstetric, Gynecologic, and Neonatal Nursing, vol. 34, n° 2, mars/avril 2005, p. 210-217.

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