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La portée de la culture collaborative dans la prévention et le contrôle des infections

Par Catherine Crépeau

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02 mai 2019
La portée de la culture collaborative dans la prévention et le contrôle des infections
© Shutterstock / siam.pukkato

Plus les professionnels de la santé considèrent que la prévention des infections nosocomiales dépend de la collaboration de tous, plus ils se lavent les mains, selon une étude de la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal.

L’équipe de Laurence Bernard, chercheuse principale et professeure adjointe à la Faculté, a évalué l’effet de trois cultures de prévention du risque des infections nosocomiales – hiérarchique, individuelle et collaborative – sur le lavage des mains. Elle a découvert ceci : les professionnels de la santé respectent davantage les règles d'hygiène des mains s’ils ont l’impression que la prévention des infections repose sur les efforts communs de tous, c’est-à-dire du personnel soignant, des patients, des employés d’entretien et des visiteurs. Le taux d'observance relevé dans l'étude s'élève alors à 77 %, soit tout près du seuil de 80 % considéré comme idéal aux États-Unis. Au Canada, le taux d'observance dans les hôpitaux varie de 50 % à 80 %.

Dans une culture jugée hiérarchique, caractérisée par une approche punitive où le défaut de se conformer aux normes de prévention et de contrôle des infections se traduit par des sanctions, plus de la moitié (53 %) des professionnels observent les mesures d'hygiène des mains. Ce taux chute à 35 % dans une culture individuelle, où les professionnels de la santé ont tendance à se soustraire à leurs obligations en ce sens qu’ils attribuent aux autres la responsabilité d’adopter personnellement des gestes pour éviter la propagation des infections.

En ce qui a trait à la culture collaborative, l’étude de Bernard et coll. publiée dans le Journal of Advanced Nursing montre que plus les professionnels de la santé estiment que la gestion des risques d’infections est une affaire de collaboration, plus ils agissent de façon responsable.

 

Plus les professionnels de la santé estiment que la gestion des risques d’infections est une affaire de collaboration, plus ils agissent de façon responsable.

 

© Gouvernement du Québec, 2017.

 

Pour arriver à cette conclusion, l’équipe de la professeure Bernard a évalué, par sondage, la perception de la culture de prévention auprès de 4 430 professionnels de la santé et observé, sur le terrain, le respect des mesures d'hygiène des mains. L'étude a été menée dans trois hôpitaux, dont deux sont situés au Québec (l’un ayant une culture hiérarchique et l’autre, une culture collaborative) et le troisième, en Belgique (ayant une culture individuelle). Aussi, les résultats ne sont pas nécessairement représentatifs du taux d'observance des mesures propres à l'hygiène des mains dans l’ensemble des centres hospitaliers, préviennent les auteurs.

Le lavage des mains demeure la façon la plus efficace et la moins coûteuse de se protéger des infections. Les mains contaminées peuvent propager 80 % des infections courantes, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Au Québec, 80 000 à 90 000 personnes par année souffrent d’une infection nosocomiale, soit l'équivalent de 10 % des admissions en milieu hospitalier


Référence

Bernard, L., Biron, A., Lavigne, G., Frechette, J., Bernard, A., Mitchell, J. et Lavoie-Tremblay, M. (2018).
«An exploratory study of safety culture, biological risk management and hand hygiene of healthcare professionals». Journal of Advanced Nursing, 74(4), 827-837.

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