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Éditorial de la présidente

La prestation sécuritaire des soins de santé : un leitmotiv qui ne date pas d’hier!

04 avr. 2018
La prestation sécuritaire des soins de santé : un leitmotiv qui ne date pas d’hier!

Chers collègues,

Cette question est au cœur de la mission de l’OIIQ. Depuis fort longtemps, nous n’avons eu de cesse d’être préoccupé par ce sujet. En 2014, notre préoccupation s’est intensifiée quant à la nécessité d’assurer pour tous les patients du Québec une prestation sécuritaire des soins de santé.

Rappelons-nous que, déjà lors de l’Assemblée générale annuelle de 2014, l’OIIQ et les quelque 1 000 délégués présents ont lancé un message clair : les besoins des patients doivent déterminer les plans d’effectifs infirmiers et la composition des équipes de soins. C’est pourquoi le Conseil d’administration de l’OIIQ a adopté, à l’hiver 2015, une prise de position sur la prestation sécuritaire des soins. Dès ce moment et à maintes reprises, nous avons fait part au gouvernement du Québec de l’importance d’agir et de travailler sur de nouveaux modèles de soins qui mettraient à contribution les expertises des divers professionnels de la santé, dont celles des infirmières et infirmiers – qui nous intéressent plus particulièrement. Ce message a pris du temps avant de recevoir toute l’attention que nous aurions souhaitée. En 2018, la « crise infirmière » a mis en relief les conditions d’exercice difficiles, alors que les infirmiers et infirmières ont pris publiquement la parole pour dénoncer cette situation. Plusieurs éléments ont été soulevés et plusieurs d’entre vous nous ont interpellé. La situation actuelle est complexe et demande une solution qui en prend compte.

Certes, la mise en œuvre des projets pilotes est un pas dans la bonne direction et vient répondre en partie à la crise infirmière, mais il nous faut aller plus loin pour nous assurer que les solutions d’aujourd’hui seront porteuses de changements fondamentaux dans nos façons de faire. Le modèle privilégié doit s’appuyer sur des données probantes. Non seulement la composition des équipes de soins doit être suffisante en nombre d’infirmières, d’infirmiers et autres soignants, mais aussi ces équipes doivent être constituées de personnes ayant l’expérience et le niveau de formation nécessaires, ainsi que les habilitations légales, pour prodiguer les soins qui s’imposent. L’aptitude de soigner des clientèles aux besoins de plus en plus complexes repose en effet sur tout un éventail de connaissances et de compétences.

Nous l’avons dit, et nous le répétons : seule la mise en œuvre d’indicateurs sensibles aux soins infirmiers viendront nous confirmer si les projets pilotes portent les fruits attendus pour la population québécoise. Constaterons-nous une réduction des chutes, des réhospitalisations et des plaies de pression, pour ne nommer que celles-là, qui sont des événements cliniques permettant de constater s’il y a amélioration ou non de la qualité des soins.

Cela étant dit, il faut aussi se rappeler que le déploiement de ces projets pilotes prendra un certain temps, et que d’autres milieux de soins ont besoin de déployer de nouveaux modèles de soins, pour assurer des soins de qualité et sécuritaires. C’est pourquoi l’OIIQ propose de mener une réflexion, de concert avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, sur le développement de modèles de soins visant à créer des conditions d’exercice optimales pour les infirmières et infirmiers. Il est impératif de mettre en place des modèles de soins qui favoriseront une pleine occupation du champ d’exercice de la profession infirmière – l’un des plus vastes parmi les professions relatives au domaine de la santé.

Cette reconnaissance des expertises infirmières est, selon nous, l’une des clés à la disposition du gouvernement pour solutionner, de façon durable, les problèmes d’accès aux soins de santé, tout en assurant une prestation sécuritaire des soins.