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Le point avec les commissaires à l’aube des audiences publiques

09 avr. 2021
Le point avec les commissaires à l’aube des audiences publiques

Francine Ducharme et Robert Salois ont accepté avec enthousiasme de prendre part aux États généraux de la profession infirmière à titre de commissaires. Alors que la consultation publique vient de se clore, ils reviennent sur les tenants et aboutissants de ce chantier historique qui connaîtra son point culminant les 20 et 21 mai prochain et nous en dévoilent les prochaines étapes. 

Tout d'abord, faisons un retour sur ce que sont les États généraux. Quelle est la démarche qui sous-tend cet événement et que souhaitons-nous accomplir?

FD : Les États généraux de la profession infirmière se veulent avant tout un événement fédérateur. Cela fait 25 ans qu’un tel chantier n’a pas eu lieu et le Québec a bien changé depuis, entre mutations sociales, progrès médicaux et crises sanitaires. Nous sommes donc à un point tournant qui commande de faire le point et d’entamer une réflexion commune afin de nous positionner sur les grands enjeux de l’avenir du système de santé et sur la contribution infirmière au sein de celui-ci. C’est d’une importance capitale sur le plan historique.

RS : Tout à fait, et je crois que c’est important de réaliser à quel point cet événement est incontournable pour la profession infirmière certes, mais aussi pour le Québec au grand complet. Lors de mon mandat à titre de Commissaire à la santé et au bien-être, une chose est devenue très claire à mes yeux, et la pandémie de COVID-19 n’a fait que m’en convaincre davantage : face à des besoins en santé qui se multiplient et se complexifient, les infirmières et infirmiers vont immanquablement devoir prendre plus de place au sein du système de santé pour assurer sa performance.

 

Il est temps de repenser le paradigme médico-centriste actuel pour mettre davantage à profit l’expertise infirmière. Les États généraux constituent une occasion en or de réfléchir aux paramètres de ce changement d’approche.  - Robert Salois

 

 

Plusieurs phases de consultation ont permis de structurer cette réflexion. Que pouvons-nous en retenir?

FD : C’est effectivement une démarche qui a été mûrement réfléchie, et ce, dès l’automne 2020 lorsque l’OIIQ a mandaté la firme Léger pour, d’une part, sonder le public sur sa perception de la profession infirmière dans le cadre de la pandémie de COVID-19, et d’autre part, donner la parole aux infirmières et aux infirmiers quant à la gestion de la crise. Ce qui en est ressorti est que la profession jouissait d’une grande confiance de la part de la population, mais que cette dernière ignorait complètement en quoi le rôle des infirmières et infirmiers consiste. Les membres de la profession, eux, avaient beaucoup à dire sur l’organisation des soins et les améliorations à apporter pour optimiser leur contribution au système de santé.
Le Forum virtuel 2020 a confirmé ces conclusions, notamment en présence de représentants des médias, et a mis en évidence l’importance de faire connaître et reconnaître l’expertise infirmière. La nécessité de tenir des États généraux pour réfléchir collectivement aux grands enjeux de la profession et s’interroger sur les pistes de solutions qui s’offrent à nous comme société était devenue évidente.
C’était d’ailleurs l’objectif de la période de consultation qui vient de se terminer, et qui a d’ailleurs remporté un vif succès auprès d’un large éventail d’acteurs : des centaines de commentaires et des dizaines d’avis et de mémoires ont été déposés, et ce, sur différentes thématiques allant du champ d’exercice à la formation, en passant par les pratiques innovantes. M. Salois et moi-même en prenons actuellement connaissance, et la prochaine étape sera d’entendre certains auteurs en audiences publiques pour clarifier leur message et préparer les ateliers des 20 et 21 mai prochain. Bien entendu, toutes et tous sont invités à assister à ces audiences!

RS : Outre ce qui ressortira des avis, mémoires et commentaires déposés depuis le début de l’année, Mme Ducharme et moi avons hâte de prendre connaissance des conclusions du jury citoyen piloté par l’Institut du Nouveau Monde (INM). Ces dix-neuf citoyens, sélectionnés pour être représentatifs de la population québécoise, ont eu la chance de se familiariser avec les enjeux relatifs à la profession infirmière en assistant à des audiences d’experts du réseau de santé, et ont pour mandat de débattre puis de formuler un avis sur les façons dont le Québec peut recourir aux compétences infirmières en vue de pour mieux soigner. Ce sera une voix importante pour guider et légitimer les actions politiques que nous formulerons tous ensemble les 20 et 21 mai prochain.

Vous le mentionniez plus tôt : des audiences publiques auront lieu du 12 au 22 avril. À quoi peuvent s’attendre les infirmières et infirmiers qui souhaiteraient y participer à titre d’observatrices et d’observateurs?

RS : Ça va assurément être une phase cruciale avant la tenue des États généraux, car des joueurs importants et influents seront présents, qu’il s’agisse d’associations, de syndicats ou d’autres ordres professionnels. On peut donc s’attendre à ce que des enjeux politiques, sociaux, financiers et systémiques émergent et que des perspectives très différentes soient présentées. Ce sera ainsi pour Mme Ducharme et moi à la fois le moment de poser les « questions qui tuent », mais aussi de croiser de l’information pour faire ressortir les pistes de consensus que nous explorerons ensemble les 20 et 21 mai prochain.

FD : Exactement, et cet exercice sera bénéfique pour toutes et tous! J’espère que les infirmières et infirmiers y assisteront en grand nombre, car ce sera l’occasion non seulement de s’informer sur les grands enjeux et de s'exposer à une grande diversité de points de vue, mais surtout de se préparer à prendre part activement et en toute connaissance de cause aux ateliers et aux assemblées plénières des 20 et 21 mai prochain.

 

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