Communiqué de presse

Les effectifs infirmiers en hausse de 1,9 % en 2020-2021

01 nov. 2021
Les effectifs infirmiers en hausse de 1,9 % en 2020-2021

L’amélioration des services aux citoyens passe par une organisation du travail plus efficace, un meilleur soutien clinique et la formation universitaire

Montréal, le 1er novembre 2021 — L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) comptait 80 491 infirmières et infirmiers inscrits à son Tableau au 31 mars 2021. De ce nombre, 74 467 infirmières et infirmiers exerçaient leur profession au Québec – une hausse de 1,9 % par rapport à l’année précédente. Ce taux de croissance, de même que le nombre de permis d’exercice délivrés (3 629), sont supérieurs à la moyenne des dix dernières années.

Ce Tableau n’inclut toutefois pas les 2 900 personnes qui ont obtenu une autorisation spéciale pour participer aux efforts de lutte contre la pandémie de COVID-19. Au total, l’OIIQ a délivré plus de 6 000 droits d’exercice à des personnes qui n’étaient pas membres en règle au Tableau, afin de leur permettre de contribuer à cet effort depuis le début de la pandémie.

Quand on regarde les données de plus près, on constate que quelque 62 933 infirmières et infirmiers, environ 1 000 de plus que l’année dernière, travaillaient dans le réseau de la santé au 31 mars 2021. Toutefois, la proportion de l’effectif dans le réseau s’établissait à 84,5 %, comparativement à 84,8 % l’an dernier.

Trois priorités

« Ce portrait statistique, en plus de la situation observée ces derniers mois au sein du réseau de la santé, nous permet d’affirmer que l’amélioration des services aux citoyens passe par le retour et la rétention d’infirmières et infirmiers, mais aussi par trois priorités : une organisation du travail plus efficace, un meilleur soutien clinique et une formation universitaire pour répondre aux besoins plus complexes de la population », explique M. Luc Mathieu, président de l’OIIQ.

La pénurie de personnel infirmier dans le réseau de la santé et des services sociaux a dirigé les projecteurs vers les enjeux liés à l’organisation du travail. Le plus récent rapport démontre notamment que plus d’infirmières et infirmiers se tournent vers le secteur privé en vue d’améliorer leurs conditions de travail. Ainsi, 2 761 infirmières et infirmiers exerçaient leur profession pour le compte d’une agence de placement de personnel, soit une hausse de 19 % par rapport à 2019-2020. Même si ce nombre reste faible en proportion de l’ensemble du personnel travaillant dans le réseau, il s’agit néanmoins de la plus importante augmentation en dix ans.

Par ailleurs, bien que le nombre d’infirmières praticiennes spécialisées et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) ne cesse d’augmenter depuis dix ans, le Québec accuse toujours un retard important sur l’ensemble du Canada. Au 31 mars 2021, le Québec comptait 842 IPS, ce qui représente 9,3 IPS par 100 000 habitants, comparativement à 18,4 dans le reste du Canada. La barre des 1 000 IPS devrait être atteinte d’ici peu. En Ontario, la moyenne est de 22,2 par 100 000 habitants. Les IPS permettent de répondre aux besoins de santé de la population dans les spécialités suivantes : soins de première ligne, soins aux adultes, néonatalogie, soins pédiatriques et santé mentale.

De plus, selon ce plus récent rapport statistique, l’OIIQ compte seulement 35 infirmières cliniciennes spécialisées et infirmiers cliniciens spécialisés (ICS). Or, c’est nettement insuffisant pour répondre à la demande. D’ailleurs, ces spécialistes interviennent uniquement en prévention et contrôle des infections, alors que les besoins s’étendent à d’autres domaines de pratique.

Pyramide d’âge inversée

Ce rapport statistique 2020-2021 démontre également que la pyramide d’âge des membres inscrits au Tableau de l’OIIQ s’est inversée. Alors qu’il y a dix ans, les 45-54 ans se situaient au haut de la pyramide, aujourd’hui, les groupes des 35-45 ans et des 25-35 ans dominent maintenant le portrait. « La profession accueille beaucoup de jeunes infirmières et infirmiers. Mais les départs à la retraite ont accentué le besoin d’encadrer cette relève. Or, le nombre de gestionnaires infirmiers est au même niveau qu’il y a dix ans », fait remarquer M. Mathieu.

Dans le même ordre d’idées, on constate également que le taux d’intégration sur le marché du travail demeure plus élevé pour la relève titulaire d’un baccalauréat que celle possédant un diplôme d’études collégiales, soit 93,5 % contre 89,9 %.

Le tiers de l’effectif infirmier du Québec travaille à Montréal

Au 31 mars 2021, 24 578 infirmières et infirmiers exerçaient la profession dans la région de Montréal, tandis que 1 291 infirmières et infirmiers de la relève y ont commencé leur carrière, soit 40  % de la relève de 2020-2021. Près de la moitié de l’effectif habite dans la couronne (Laval, Lanaudière, Laurentides et Montérégie) et non sur l’île. La région sociosanitaire de Montréal, dont les grands centres hospitaliers universitaires offrent des services à tout l’ouest du Québec, compte ainsi l’un des taux d’infirmières et infirmiers en soins directs pour 1 000 habitants les plus élevés du Québec, soit 10,3. Enfin, on dénombre 267 IPS, soit près du tiers des 842 IPS de la province.

À propos de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

L’OIIQ est le plus grand ordre professionnel dans le domaine de la santé au Québec. Il est régi par la Loi sur les infirmières et les infirmiers et par le Code des professions. L’OIIQ est également guidé par ses valeurs de gouvernance que sont la confiance, la bienveillance, le respect et l’équité. Il compte plus de 80 000 membres et quelque 16 000 personnes dans un parcours d’admission à la profession. Sa mission est d’assurer la protection du public par et avec les infirmières et infirmiers, tout en veillant à l’amélioration de la santé des Québécois. L’OIIQ a également pour mandat d’assurer la compétence et l’intégrité des infirmières et infirmiers du Québec ainsi que de contribuer à la promotion d’une pratique infirmière de qualité. 

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