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Éditorial du président

Les IPS et le diagnostic : position de l’OIIQ

21 févr. 2019
Les IPS et le diagnostic : position de l’OIIQ

Dans l’univers de la santé, la semaine a commencé sur les chapeaux de roue. La question du diagnostic pour les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) occupe la scène médiatique à la suite des déclarations de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, à l’effet de permettre aux IPS de poser un diagnostic.

Je profite donc de la tribune qui m’est offerte afin de partager notre position avec l’ensemble des membres de la profession infirmière.

 

Toujours le même leitmotiv : améliorer l’accès aux soins de première ligne pour la population

Le 8 mars 2018 entraient en vigueur les nouveaux règlements régissant la pratique des IPS. L’OIIQ clamait alors haut et fort que ces modifications réglementaires entraînaient des gains sans précédent pour les patients les plus vulnérables. Sans conteste, plusieurs éléments nouveaux enchâssés dans les règlements faisaient avancer la pratique des IPS :

  • Trois nouvelles classes de spécialités ont vu le jour (IPS en soins aux adultes, IPS en soins pédiatriques et IPS en santé mentale), s’ajoutant à celles de première ligne et de néonatalogie;
  • Abolition des listes pour les activités de prescription (médicaments, examens diagnostics et traitements médicaux) en vue d’une meilleure pratique basée sur les principes scientifiques généralement reconnus;
  • Les IPS de première ligne (IPSPL) ont dorénavant le pouvoir d’amorcer le traitement de six problèmes de santé chroniques;
  • Mise en œuvre d’un comité consultatif sur la pratique de l’IPS, composé d’IPS et de médecins qui ont un regard général sur la qualité de la pratique afin de recommander des améliorations et des ajustements permettant l’évolution de la pratique des IPS.

Même si ces avancées sont le fruit de longues négociations entre le Collège des médecins du Québec (CMQ) et l’OIIQ, il faut préciser qu’elles ont été menées dans un cadre législatif qui impose des balises quant à l’exercice de la médecine. L’article 31 de la Loi médicale édicte que seul le médecin peut diagnostiquer des maladies. De son côté, l’article 36.1 a) de La Loi sur les infirmières et les infirmiers vient prévoir que l’infirmière ou l’infirmier peut prescrire des examens diagnostiques et des techniques diagnostiques invasives afin d’en venir à des conclusions cliniques (entendre : impressions diagnostiques).

 

Le diagnostic pour les IPS : compétences et formation

La ministre Danielle McCann souhaite accorder aux IPS le pouvoir de poser des diagnostics afin de désengorger le système de santé québécois et ainsi, de permettre aux patients d’avoir accès au bon professionnel, au bon moment et au bon endroit. Nous le savons tous, trop de Québécois et de Québécoises de tout âge se tournent vers les urgences dans le but d’obtenir des soins, faute d’accès à des soins de première ligne.

Pour pallier cette situation, la ministre propose une meilleure utilisation des expertises infirmières, ce que prône l’OIIQ depuis bien longtemps. Peut-on être contre les aspirations de la ministre? On ne peut qu’adhérer à sa vision. D’autant plus qu’en première ligne, les IPSPL sont déjà autorisées depuis plusieurs années à émettre des conclusions cliniques ou impressions diagnostiques pour traiter un problème de santé courant, et plus récemment, faire l’amorce du traitement de six problèmes de santé chroniques.

À titre d’exemple, pour l’un des six problèmes de santé chroniques prévus au Règlement, lorsqu’une IPSPL rencontre le patient, elle l’évalue, lui prescrit les examens diagnostiques nécessaires, l’informe de sa condition en nommant le problème de santé chronique et amorce un traitement, le cas échéant.

L’IPS a la formation et les compétences requises à l’amorce du traitement de la condition identifiée dans le cadre législatif actuel. Elle ne peut cependant dire qu’elle émet un diagnostic puisque que ce dernier est réservé aux médecins. C’est pourquoi une obligation pour le médecin de voir le patient dans un délai de 30 jours afin d’établir le diagnostic, activité réservée du médecin, comme édicté à l’article 31 de la Loi médicale. Cette façon de faire impose un autre rendez-vous pour le patient qui n’est pas nécessaire.

L’OIIQ offre son entière collaboration à la ministre de la Santé et des Services sociaux afin de reconnaître la compétence et l’expertise des IPS, et ce, pour le plus grand bénéfice des patients!

 

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