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Les sept «bons» de l’influence politique infirmière

Jessica Rassy, présidente sortante du Comité jeunesse de l’OIIQ
15 nov. 2018
Les sept «bons» de l’influence politique infirmière

C’est avec le cœur gros mais rempli d’amour et d’espoir que je vous écris ma dernière chronique comme présidente. À travers ces nombreuses années au Comité jeunesse, j’ai énormément appris et grandi grâce à vous tous et je vous en serai éternellement reconnaissante. Cette dernière chronique se veut un partage de mes apprentissages en ce qui a trait à l’influence politique des infirmières – un aspect de la profession qui mériterait d’être exploité davantage.

 

Il va sans dire que l’influence politique infirmière est plus importante que jamais! Mais comment faire pour bien exercer son pouvoir politique comme infirmière de la relève?

 

D’abord et avant tout, il est important de se questionner sur notre posture. Est-ce que je souhaite livrer le message en mon propre nom, en celui de mon organisation, d’un comité ou d’une association? Cette réflexion préliminaire est primordiale, car le message doit être représentatif de la vision de cette instance. Ainsi, lorsque je m’adresse à vous à titre de présidente du Comité jeunesse de l’OIIQ, le message que je vous transmets doit s’inscrire dans le mandat de celui-ci

 

Une fois votre posture bien campée, il est possible d’exercer méthodologiquement votre influence politique. Pour vous aider, je vous suggère d’établir un parallèle entre une démarche que vous connaissez bien, les « sept bons » et vos habiletés d’influence.

 

1. Le bon « client »

Afin d’influencer, il est important de se questionner sur la cible de mon intervention. Comme infirmière de la relève, cette étape est souvent difficile puisque les rôles de chaque instance de pouvoir ne sont pas toujours bien clairs ou connus. Voici certaines des instances pertinentes quant à la gouverne en soins infirmiers et dont les rôles complémentaires méritent d’être connus :

  • Les syndicats
  • Les comités de la relève infirmière
  • Les conseils des infirmières et infirmiers
  • Les directions de soins infirmiers
  • Les comités jeunesse régionaux
  • Le Comité jeunesse de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
  • Les associations professionnelles
  • Les milieux d’enseignement
  • Les milieux cliniques
  • L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
  • Les différents ministères

 

2. Le bon « médicament »

Il est ensuite important de livrer le bon message à l’instance désignée. Que voulez-vous atteindre comme objectif? Quel message voulez-vous passer? Ciblez une seule priorité et consacrez-y toute votre énergie.

 

3. La bonne « dose »

« Trop, c’est comme pas assez », dit le proverbe! Un message court, clair et concis est de mise. Et n’oubliez pas de parler le même langage que votre interlocuteur! Si vous vous adressez au Comité de la relève infirmière, parlez de l’impact sur la relève infirmière. Si vous parlez au syndicat, parlez des conditions de travail. Si vous parlez à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, parlez de la protection du public.

 

4. La bonne « voie d’administration »

Cette étape n’est pas toujours simple et souvent, plus d’une voie est nécessaire pour passer un message. Est-ce par communication écrite? Par communication orale? Par un avis? Une lettre d’opinion? Une pétition? Pesez les pours et les contres de chaque voie et choisissez ensuite les meilleures voies pour porter votre message.

 

5. Le bon « moment »

Cette étape est cruciale, mais doit aussi tenir compte des six autres « bons ». Une action trop rapide et peu étoffée équivaut souvent à une action tardive et trop exhaustive. Suivez les derniers développements dans l’actualité et restez à l’affût des travaux en cours, des planifications stratégiques et des plans d’action de l’instance ciblée.

 

6. La bonne « documentation »

Utilisez les résultats probants! Afin de bien influencer, vous devez être crédible. Sans sources fiables à l’appui, votre message risque de ne pas être considéré.

 

7. Le bon « suivi » et la « surveillance des effets secondaires »

Comme toute infirmière, n’oubliez pas de faire le suivi de vos démarches et de surveiller les « effets secondaires ». Il se peut que certaines personnes réagissent à votre message. N’hésitez pas à clarifier votre message ou à offrir de l’information supplémentaire au besoin!

 

Maintenant, place à la pratique! Qui est votre modèle infirmier d’influence politique? Comment cette personne arrive-t-elle à bien utiliser ces « sept bons »? Comment pouvez-vous développer vos compétences pour que votre pratique s’inspire de la sienne? N’ayez pas peur de faire preuve de leadership et d’exercer votre influence politique. C’est ensemble, en combinant toutes nos belles initiatives, que nous allons réussir à améliorer notre système de santé et ainsi, offrir de meilleurs soins à la population.

 

Nouveau président à la tête du Comité jeunesse de l’OIIQ

 

Charles Bilodeau, inf., M. Sc., a été nommé président du Comité jeunesse de l'OIIQ en novembre 2018. Enseignant en soins infirmiers au Centre de formation continue du Cégep de Sherbrooke et chargé de formation pratique à l’École des sciences infirmières de l’Université de Sherbrooke, il est impliqué au sein du conseil de section de l’Ordre régional des infirmières et infirmiers de l’Estrie depuis 2014.

 

Dans les prochains mois, il prévoit continuer, avec les autres membres du Comité jeunesse, de prendre position sur divers enjeux et faire valoir les dossiers au cœur des préoccupations des jeunes infirmières et infirmiers.

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