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Lily Lessard : Les changements climatiques doivent devenir une préoccupation infirmière

Par Catherine Crépeau

Lily Lessard : Les changements climatiques doivent devenir une préoccupation infirmière

Près d’un an après les inondations qui ont englouti leur quartier, plusieurs sinistrés des inondations du printemps 2019 comme ceux de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, de l’Outaouais ou de la Beauce se sentent toujours démunis et abandonnés.

Quand la nature se dérègle, les humains souffrent physiquement et psychologiquement, affirme Lily Lessard, l’une des rares infirmières du Québec à étudier les effets des changements climatiques sur la santé.

Bien que les moyens de s’adapter aux changements climatiques et d’y faire face soient encore peu documentés, on sait que les épisodes météorologiques extrêmes, qu’il s’agisse d’inondations, de feux de forêt, d’érosion côtière ou de chaleur intense, peuvent causer de l’anxiété, provoquer un choc post-traumatique, de la dépression ou des pensées suicidaires, entraîner des divorces et pousser à l’abus d’alcool ou d’autres substances.

« Quand l’eau se retire et qu’elle emporte une partie de votre terrain ou de votre maison, ça frappe fort sur le moral et sur l’état mental des propriétaires », souligne celle qui cumule les postes de chercheuse au Centre de recherche du CISSS Chaudière-Appalaches, de professeure au Département des sciences infirmières de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR – campus de Lévis) et de cotitulaire de la nouvelle Chaire de recherche interdisciplinaire sur la ruralité, la santé et les services sociaux, avec la professeure en travail social Marie-Hélène Morin. Cette chaire est née d’un partenariat entre l’UQAR, le CISSS de Chaudière-Appalaches, le CISSS du Bas-Saint-Laurent et Telus. « La catastrophe a un impact sur le tissu social, dit Lily Lessard. On observe davantage de cas de dépression et d’anxiété chez les personnes qui ont subi de tels chocs que dans la population générale, et les effets peuvent perdurer. »

 

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