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Plutôt que le dévouement, c’est l’expertise qu’il faut valoriser, croit l’infirmière Lydia Tania Ziani

Marie-Eve Shaffer – 37e AVENUE

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29 oct. 2020
Plutôt que le dévouement, c’est l’expertise qu’il faut valoriser, croit l’infirmière Lydia Tania Ziani

Pendant la première vague de la pandémie de COVID-19, Lydia Tania Ziani, infirmière clinicienne au CHU Sainte-Justine, a volontairement prêté main-forte dans un CHSLD de l’Est de Montréal. Cette expérience, qu’elle abordera lors d’un panel au Forum virtuel 2020 de l’OIIQ le 9 novembre prochain, lui a fait réaliser que la profession infirmière mérite, plus que jamais, d’être reconnue à sa juste valeur

Son point de vue rejoint aussi les constats de groupes de discussions menés cet automne avec des infirmières par Léger Marketing pour le compte de l’OIIQ. « C’est dans des moments comme ceux-là qu’on réalise à quel point notre expertise compte et doit être mise en lumière », affirme Lydia Tania Ziani.

Mieux valoriser l’expertise infirmière

Habituée à soigner les tout-petits, Lydia Tania Ziani a fait partie d’un groupe d’infirmières envoyées au chevet des personnes âgées au printemps dernier. Rapidement, elle a pris en charge les soins de fin de vie dans le CHSLD où elle a été dépêchée. « C’est ma force, c’est mon expertise », souligne l’infirmière clinicienne. En revanche, quand les patients ont pris du mieux, elle a quelque peu perdu ses repères.

« J’ai été capable de me débrouiller grâce à mes compétences en soins infirmiers, mais je n’ai pas d’expertise en gériatrie », déclare-t-elle, ajoutant du même souffle qu’il faudrait valoriser davantage ses collègues qui soignent des personnes âgées.

Les constats des groupes de discussion vont dans le même sens : certaines infirmières ont joué un rôle à la hauteur de leurs compétences, d’autres non. « Des expertises et des gens qui avaient des compétences n’ont pas été sollicités », a résumé une participante, infirmière praticienne spécialisée.

Reconnaître le leadership infirmier

Dans ces circonstances exceptionnelles caractérisées par le manque de personnel et l’abondance de directives, l’équipe d’infirmières à laquelle s’est jointe Mme Ziani s’est débrouillée avec les ressources dont elle disposait au CHSLD. Par exemple, deux infirmières ont pris en charge les mesures de prévention et de contrôle des infections. Elles ont fait un travail de si haute qualité qu’elles ont été dépêchées dans d’autres établissements d’hébergement de personnes âgées.

La créativité et le leadership des infirmières ont d’ailleurs été soulevés dans les discussions menées par la firme Léger. « Ce qu’on a vu sur le terrain, ce sont des perles qui ont trouvé le moyen de performer », a notamment lancé la présidente d’un conseil des infirmières et infirmiers.

« On oublie que l’infirmière a des compétences transversales dans la gestion et l’organisation des soins », souligne pour sa part Lydia Tania Ziani. Selon elle, ce savoir-faire a fait une différence lorsque des médecins ont aussi été dépêchés dans les CHSLD. « Ils nous disaient : “Je te suis, dis-moi quoi faire” », se souvient-elle.

Une reconnaissance à géométrie variable

Malgré l’ampleur indéniable du rôle des infirmières pendant la première vague de la crise sanitaire, elles ont eu droit à une reconnaissance inégale selon leur gestionnaire ou le milieu de soins, ont mentionné les participantes aux tables rondes.

Lydia Tania Ziani abonde dans le même sens : elle a constaté une grande disparité entre le CHU Sainte-Justine et le CHSLD où elle a travaillé pendant un mois. « Notre expertise en pédiatrie est mise en valeur tous les jours, alors que ce n’est pas le cas en gériatrie », mentionne l’infirmière clinicienne.

« La population a exprimé sa reconnaissance envers notre dévouement pendant la crise actuelle. J’aimerais voir cette reconnaissance perdurer et surtout porter davantage sur notre expertise infirmière », ajoute Mme Ziani, faisant écho aux commentaires formulés par ses collègues pendant les échanges animés par la firme Léger.

Apprendre de la pandémie

Comment remédier à la situation et tirer des leçons de cette crise sanitaire? Le 9 novembre prochain, Lydia Tania Ziani tentera de répondre à cette question au cours du Forum virtuel 2020, alors qu’elle participera à un panel en compagnie d’autres infirmières.

Gratuit et ouvert à tous, cet événement veut faire le point sur la mise à contribution et la reconnaissance de l’expertise infirmière en contexte de pandémie. Découvrez le programme et inscrivez-vous dès maintenant!

 

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