Pratique professionnelle

Sécurité culturelle des soins auprès des Premières Nations et des Inuit

L’OIIQ a rendu public un énoncé de position intitulé Améliorer la santé des Premières Nations et des Inuit en contrant le racisme systémique

Cet énoncé a été co-construit avec un groupe d’experts, composé d’autochtones et d’allochtones et il propose des actions pour promouvoir à l’intérieur des cinq sphères de la profession infirmière des relations partenariales optimales et la sécurité culturelle auprès des membres des Premières Nations et des Inuit.  

Les 16 pistes d’actions sont issues de divers écrits scientifiques, rapports et avis, et s’appuient sur l’approche de la sécurité culturelle et les sphères de la profession infirmière.

 

Les cinq sphères de la profession et les pistes d’actions

Formation et développement des compétences de sécurité culturelle

Position

Toute formation initiale ou continue visant à développer les compétences de sécurité culturelle dans les soins et les autres sphères de la profession infirmière à l’endroit des membres des Premières Nations et des Inuit adopte une approche critique et transformatrice, conçue et dispensée principalement par des membres des Premières Nations et des Inuit ou en collaboration étroite avec eux.

 

Actions

L’OIIQ s’engage à :

Demander à son Comité de l’examen professionnel de l’OIIQ de considérer l’évaluation des connaissances en lien avec la sécurité culturelle dans l’examen professionnel;

Identifier des activités de formation majoritairement accréditées pour développer les compétences de sécurité culturelle, et ce, en collaboration étroite avec des membres des Premières Nations et des Inuit de même que des parties prenantes concernées.

L’OIIQ encourage les infirmières et infirmiers à :

S’intéresser à différents ouvrages, ressources et œuvres autochtones afin de comprendre les perspectives autochtones et de développer leurs connaissances à cet égard.

Pratique directe de soins infirmiers

Position

Tous soins infirmiers dispensés au Québec doivent être exempts de racisme, s’inscrire dans une relation partenariale équitable et favoriser l’amélioration de la santé et du mieux-être. Pour ce faire, toute infirmière ou tout infirmier s’engage dans une démarche continue visant à considérer :

  • l’histoire, les valeurs et les perspectives des membres des Premières Nations et des Inuit sur la santé;
  • le contexte colonial dans lequel les soins sont desservis afin d’en réduire les effets;
  • le savoir-être en relation partenariale avec les personnes, familles et communautés issues des Premières Nations et des Inuit;
  • la coexistence et la complémentarité des savoirs traditionnels autochtones et ceux de la science occidentale;
  • le développement d’une conscience critique permettant de déceler et de dénoncer le racisme sous toutes ses formes, y compris le racisme systémique et les iniquités en santé spécifiques aux autochtones.

Cette démarche implique également l’intégration des éléments susmentionnés dans la pratique professionnelle.

 

Actions

L’OIIQ s’engage à :

  • Poursuivre ses travaux en collaboration avec les membres des Premières Nations et les Inuit afin :
  • d’identifier des modalités de soutien à la pratique des infirmières et infirmiers en matière de coexistence et de complémentarité des savoirs traditionnels autochtones et des savoirs occidentaux;
  • Promouvoir l’utilisation du Référentiel de compétences des infirmières et infirmiers des communautés des Premières Nations et des Inuit du Québec, élaboré en co-construction (CIFI, 2017);
  • Entreprendre des démarches, en partenariat avec les acteurs clés concernés, pour que l’ensemble des infirmières et infirmiers, membres de l’OIIQ, suivent une formation et accomplissent des activités de mise à jour, selon des modalités à définir, sur la sécurité culturelle, y compris le développement d’une conscience critique permettant de reconnaître le racisme systémique et les iniquités en santé spécifiques aux membres des Premières Nations et aux Inuit et d’agir pour les contrer.
Gestion des soins et services infirmiers

Position

La gestion des soins et des services infirmiers aux membres des Premières Nations et aux Inuit au Québec, quel que soit le milieu de soins, est exempte de racisme et s’inscrit dans les meilleures pratiques afin de rendre les soins et les services culturellement sécurisants et équitables.

 

Actions

L’OIIQ s’engage à :

Appuyer les infirmières et infirmiers gestionnaires, dans des démarches, notamment auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, d'une part pour assurer des services de santé équitables dans les régions éloignées et dans les régions urbaines et d'autre part pour harmoniser la qualité des soins et services dispensés aux membres des Premières Nations et aux Inuit.

L’OIIQ encourage les infirmières et infirmiers gestionnaires à :

  • Élaborer et à mettre en œuvre, avec leur organisation, leur équipe et des membres des Premières Nations et des Inuit, un plan d’action visant à améliorer la sécurité culturelle et l’équité en santé dans leur milieu;
  • Travailler en partenariat avec les communautés et les dirigeants locaux dans un esprit de réciprocité, de respect et d’équité pour élaborer et mettre en œuvre entre les organisations un plan d’action au regard de l’accès aux soins et services sécuritaires et de qualité des membres des Premières Nations et des Inuit.
Recherche en sciences infirmières

Position

Toute recherche autochtone en sciences infirmières doit servir à répondre aux besoins et aux priorités identifiés par et avec les membres des Premières Nations et les Inuit et leurs communautés. Celle-ci doit être menée en s’assurant de ne pas leur porter préjudice de même qu’en établissant des partenariats de recherche éthiques et bénéfiques aux personnes, communautés, collectifs et organisations de manière à rétablir la confiance des personnes et des organisations issues des Premières Nations et des Inuit envers le monde scientifique.

 

Actions

L’OIIQ s’engage à :

Faire la promotion, selon des modalités à définir, des projets de recherche autochtone qui génèrent des nouvelles connaissances au regard de la santé, de l’équité en santé et de la sécurité culturelle dans les soins dispensés aux membres des Premières Nations et aux Inuit.

L’OIIQ encourage les infirmières et les infirmiers en recherche autochtone à :

  • Reconnaître et à valoriser les savoirs, les expertises, les perspectives et les méthodologies autochtones et à les respecter dans leurs diversités;
  • Soutenir le renforcement des capacités et de l’autonomie en recherche des membres des Premières Nations et des Inuit ainsi que l’implication de ces derniers dans l’ensemble du processus de recherche, dans le but de favoriser l’autodétermination.
Actions politiques

Position

L’ensemble des infirmières et infirmiers œuvrant au sein des différentes sphères de la profession et tous les partenaires concernés sont incités à créer une synergie entre eux et, en étroite collaboration avec les membres des Premières Nations et les Inuit, afin de promouvoir et d’implanter les pratiques qui respectent les valeurs des membres des Premières Nations et des Inuit et qui visent la sécurité culturelle, l’équité en santé, la santé et le mieux-être des membres des Premières Nations et des Inuit.

 

Actions

L’OIIQ s’engage à :

  • Mettre en place un groupe de travail, selon les modalités à définir, composé de personnes autochtones et allochtones pour assurer un suivi des retombées des actions découlant de cet énoncé qui sont entreprises;
  • Renforcer la constitution des différents comités de l’OIIQ reflétant la diversité, notamment l’appartenance à une communauté autochtone;
  • Entretenir et maintenir des relations partenariales respectueuses et optimales avec les membres des Premières Nations et les Inuit, de même que leurs communautés et les parties prenantes impliquées, dans le but d’améliorer leur santé et leur mieux-être.

L’OIIQ encourage les infirmières et infirmiers à :

Agir comme leaders et agents de changement pour influencer les actions politiques à divers niveaux du système de santé, en vue de contrer le racisme systémique, de promouvoir l’équité en santé et dans les soins de santé et d’améliorer la santé et le mieux-être des membres des Premières Nations et des Inuit. À titre d’exemples :

  • se questionner sur les pratiques et politiques actuelles, au quotidien;
  • prendre part aux décisions cliniques, organisationnelles et politiques au sein de son organisation et travailler en partenariat afin de promouvoir des valeurs partagées de droit à la santé, d’équité, de justice sociale et de diversité des savoirs.

 

 

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la sécurité culturelle?

« La sécurité culturelle est le résultat de l’engagement respectueux à reconnaître les déséquilibres de pouvoir inhérents au système de santé et à lutter pour les corriger. Il en résulte un environnement libre de racisme et de discrimination, où les personnes se sentent en sécurité quand ils elles reçoivent des soins de santé. » (First Nations Health Authority, 2016, traduction libre).

Qu’est-ce que le Principe de Joyce?

Le Principe de Joyce vise à « garantir à tous les Autochtones un droit d’accès équitable, sans aucune discrimination, à tous les services sociaux et de santé, ainsi que le droit de jouir du meilleur état possible de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle. Il requiert obligatoirement la reconnaissance ainsi que le respect des savoirs et des connaissances traditionnels et vivants des Autochtones en matière de santé. » (Repéré à : www.principedejoyce.com)

Pourquoi l’OIIQ a-t-il créé un groupe d’experts?

Afin de recommander des actions concrètes visant à promouvoir, dans les pratiques infirmières, des relations optimales, l’équité et la sécurité culturelle auprès des personnes autochtones, l’OIIQ a sollicité un groupe d’experts composé de personnes autochtones et allochtones.

La sécurité des soins s’applique-t-elle aussi aux autres communautés culturelles?

La sécurité des soins s’inscrit dans un processus de « décolonisation », donc elle ne peut s’appliquer qu’aux premiers habitants d’un territoire. Pour les communautés issues de l’immigration, les infirmières et infirmiers doivent exercer selon une approche partenariale avec leurs patients.

Pour aller plus loin