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Exercice de la psychothérapie

La psychothérapie est une activité réservée à certains professionnels de la santé. Elle est définie par le Code des professions comme étant :

Un traitement psychologique pour un trouble mental, pour des perturbations comportementales ou pour tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique qui a pour but de favoriser chez le client des changements significatifs dans son fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental, dans son système interpersonnel, dans sa personnalité ou dans son état de santé. Ce traitement va au-delà d'une aide visant à faire face aux difficultés courantes ou d'un rapport de conseils ou de soutien. » (art. 187.1)

Le Code des professions énonce également les règles professionnelles essentielles sur lesquelles se base l’exercice de la psychothérapie (art. 187.2) :

  • établir un processus interactionnel structuré avec le client;
  • procéder à une évaluation initiale rigoureuse;
  • appliquer des modalités thérapeutiques basées sur la communication;
  • s’appuyer sur des modèles théoriques scientifiquement reconnus et sur des méthodes d’intervention validées qui respectent la dignité humaine.

 

Conditions d’exercice de la psychothérapie

Le Règlement sur le permis de psychothérapeute encadre les conditions d’exercice de la psychothérapie. Il établit :

  • les normes de délivrance du permis de psychothérapeute;
  • les conditions d’utilisation du titre de psychothérapeute;
  • le cadre des obligations de formation continue;
  • les interventions qui ne constituent pas de la psychothérapie.

L’exercice de la psychothérapie est réservé aux médecins, aux psychologues et aux membres de certains ordres professionnels: infirmières et infirmiers, conseillers d’orientation, criminologues, ergothérapeutes, psychoéducateurs, sexologues, travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux.

Les médecins et les psychologues ne sont pas tenus d’obtenir un permis de psychothérapeute puisque la psychothérapie s’inscrit dans leur champ d’exercice.

Les membres des autres ordres professionnels visés doivent obtenir un permis délivré par l’Ordre des psychologues du Québec.
 

Voici un aperçu général des conditions requises pour obtenir un permis de psychothérapeute :

 
  • être membre de l’un des sept ordres professionnels visés;
  • détenir une maîtrise dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines;
  • avoir suivi 765 heures de formation théorique en psychothérapie de niveau universitaire;
  • avoir suivi 600 heures de stage en psychothérapie.

 

Pour obtenir des informations détaillées sur les conditions requises, consultez le site Web de l’Ordre des psychologues du Québec.
 

Demande de permis

Pour obtenir un permis de psychothérapeute, l’infirmière ou l’infirmier doit en faire la demande à l’Ordre des psychologues du Québec.

L’infirmière ou l’infirmier psychothérapeute doit obligatoirement figurer au Tableau de l’Ordre pour pouvoir exercer.
 

Utilisation du titre de psychothérapeute

Seuls les médecins, les psychologues et les professionnels titulaires d’un permis de psychothérapie peuvent utiliser le titre de psychothérapeute.

Les professionnels titulaires d’un permis doivent faire précéder le titre de psychothérapeute de leur titre professionnel, par exemple : « infirmière psychothérapeute ».
 

Formation continue

Un minimum de 90 heures de formation continue en psychothérapie doit être fait sur une période de cinq ans. Sur ces 90 heures, un minimum de cinq heures doit être consacré à la supervision individuelle.

Les professionnels titulaires du permis de psychothérapeute doivent choisir les activités de formation continue parmi celles prévues au programme d’activités de formation continue en psychothérapie de l’Ordre des psychologues du Québec.

Pour connaître la formation continue offerte, consultez le catalogue de l’Ordre des psychologues du Québec.
 

Interventions qui ne sont pas de la psychothérapie

L’éducation à la santé et la relation thérapeutique avec le patient sont au cœur de la pratique infirmière. Certaines de ces interventions s’apparentent à la psychothérapie mais n’en sont pas.

Pour mieux éclairer les professionnels de la santé, le Règlement sur le permis de psychothérapeute définit certaines interventions qui ne sont pas de la psychothérapie et qui ne nécessitent pas d’avoir un permis de psychothérapeute :

1°  La rencontre d’accompagnement qui vise à soutenir la personne par des rencontres, qui peuvent être régulières ou ponctuelles, permettant à la personne de s’exprimer sur ses difficultés. Dans un tel cadre, le professionnel ou l’intervenant peut lui prodiguer des conseils ou lui faire des recommandations.

2°  L’intervention de soutien qui vise à soutenir la personne dans le but de maintenir et de consolider les acquis et les stratégies d’adaptation en ciblant les forces et les ressources dans le cadre de rencontres ou d’activités régulières ou ponctuelles. Cette intervention implique notamment de rassurer, prodiguer des conseils et fournir de l’information en lien avec l’état de la personne ou encore la situation vécue.

3°  L’intervention conjugale et familiale qui vise à promouvoir et à soutenir le fonctionnement optimal du couple ou de la famille au moyen d’entretiens impliquant souvent l’ensemble de ses membres. Elle a pour but de changer des éléments du fonctionnement conjugal ou familial qui font obstacle à l’épanouissement du couple ou des membres de la famille ou d’offrir aide et conseil afin de faire face aux difficultés de la vie courante.

4°  L’éducation psychologique qui vise un apprentissage par l’information et l’éducation de la personne. Elle peut être utilisée à toutes les étapes du processus de soins et de services. Il s’agit de l’enseignement de connaissances et d’habiletés spécifiques visant à maintenir et à améliorer l’autonomie ou la santé de la personne, notamment à prévenir l’apparition de problèmes de santé ou sociaux incluant les troubles mentaux ou la détérioration de l’état mental. L’enseignement peut porter par exemple sur la nature de la maladie physique ou mentale, ses manifestations, ses traitements y incluant le rôle que peut jouer la personne dans le maintien ou le rétablissement de sa santé et aussi sur des techniques de gestion de stress, de relaxation ou d’affirmation de soi.

5°  La réadaptation qui vise à aider la personne à composer avec les symptômes d’une maladie ou à améliorer ses habiletés. Elle est utilisée, entre autres, auprès des personnes souffrant de problèmes significatifs de santé mentale afin de leur permettre d’atteindre un degré optimal d’autonomie en vue d’un rétablissement. Elle peut s’insérer dans le cadre de rencontres d’accompagnement ou de soutien et intégrer, par exemple, la gestion des hallucinations et l’entraînement aux habiletés quotidiennes et sociales.

6°  Le suivi clinique qui consiste en des rencontres permettant l’actualisation d’un plan d’intervention disciplinaire. Il s’adresse à la personne qui présente des perturbations comportementales ou tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique ou des problèmes de santé incluant des troubles mentaux. Il peut impliquer la contribution de différents professionnels ou intervenants regroupés en équipes interdisciplinaires ou multidisciplinaires. Ce suivi peut s’inscrire dans un plan d’intervention au sens de la Loi sur les services de santé et les services sociaux (RLRQ, chapitre S-4.2) ou de la Loi sur l’instruction publique (RLRQ, chapitre I-13.3), se dérouler dans le cadre de rencontres d’accompagnement ou d’interventions de soutien et également impliquer de la réadaptation ou de l’éducation psychologique. Il peut aussi viser l’ajustement de la pharmacothérapie.

7°  Le coaching qui vise l’actualisation du potentiel, par le développement de talents, ressources ou habiletés d’une personne qui n’est ni en détresse, ni en souffrance, mais qui exprime des besoins particuliers en matière de réalisation personnelle ou professionnelle.

8°  L’intervention de crise qui consiste en une intervention immédiate, brève et directive qui se module selon le type de crise, les caractéristiques de la personne et celles de son entourage. Elle vise à stabiliser l’état de la personne ou de son environnement en lien avec la situation de crise. Ce type d’intervention peut impliquer l’exploration de la situation et l’estimation des conséquences possibles, par exemple, le potentiel de dangerosité, le risque suicidaire ou le risque de décompensation, le désamorçage, le soutien, l’enseignement de stratégies d’adaptation pour composer avec la situation vécue ainsi que l’orientation vers les services ou les soins les plus appropriés aux besoins.

Outil interdisciplinaire

  • L’exercice de la psychothérapie et des interventions qui s’y apparentent
    Fruit d’une collaboration entre les ordres professionnels en santé mentale et en relations humaines, ce document apporte d’importantes précisions sur l’exercice de la psychothérapie. Il permet, notamment, de mieux distinguer la psychothérapie des diverses interventions qui s’y apparentent, de situer clairement le rôle des différents professionnels dans l’ensemble des soins et des services, et de valoriser leur apport spécifique.