Éditorial du président
Perspective infirmière | Automne 2022

Profession infirmière : l’heure de tous les possibles et du passage à l’action

Luc Mathieu, inf., DBA

Profession infirmière : l’heure de tous les possibles et du passage à l’action
Éditorial | Profession infirmière?: l’heure de tous les possibles et du passage à l’action

Il ne passe pas un jour sans que la profession infirmière fasse la manchette en raison de la pénurie et des conditions d’exercice difficiles, parfois à la limite du raisonnable. On dit souvent qu’il faut battre le fer pendant qu’il est chaud…

En tant qu’ordre professionnel, nous ne pouvons rester insensibles au quotidien de nos membres et à l’impact des conditions d’exercice sur la qualité des soins. C’est pour cette raison que, tout au long de l’année, je n’ai eu de cesse de prendre position publiquement et en coulisses auprès des différents acteurs de la santé afin d’influencer le cours des choses et de contribuer à la sortie de cette impasse.

Rappelons que nous avons 82 271 membres inscrits au Tableau de l’OIIQ. L’effectif infirmier en emploi a augmenté de 1,5 % par rapport à l’année précédente et demeure supérieur à la moyenne des dix dernières années. Cependant, les taux d’absentéisme pour motifs divers viennent porter ombrage à cette croissance, sans oublier la migration d’infirmières et d’infirmiers vers le privé. Il importe d’agir et de mettre en place des mesures structurantes dans le but de permettre aux infirmières et infirmiers de déployer leur expertise et ainsi, de contribuer à une prestation de soins de qualité.

Des solutions existent et le Québec doit les mettre en œuvre rapidement!

C’est dans cette perspective que j’entamerai dès cet automne une tournée des régions en vue non seulement d’aller à la rencontre des infirmières et infirmiers et d’intervenants clés du réseau de la santé et des services sociaux, mais également de prendre acte des constats, des réactions ou encore des projets en place dans les établissements de santé en lien avec les recommandations présentées dans le Rapport sur les états généraux de la profession infirmière (mai 2021). Ce rapport nous offre une feuille de route qui s’inscrit très bien dans le cadre du plan proposé par le ministre de la Santé et des Services sociaux, intitulé Plan pour mettre en œuvre les changements nécessaires en santé (Plan Santé), et du Rapport du groupe de travail national sur les effectifs infirmiers, rendus publics respectivement en mars 2022 et en mai 2022.

À la lecture de ces trois documents, j’ai constaté la concordance de plusieurs des recommandations et propositions du plan du ministre de la Santé et des Services sociaux avec les recommandations des deux autres documents, en vue de rendre notre système de la santé plus performant au moyen du recours accru à l’expertise infirmière. Je souhaite en discuter avec les présidentes-directrices générales et présidents-directeurs généraux, les directions de soins infirmiers, les conseils des infirmières et infirmiers ainsi que les comités de la relève infirmière des établissements de santé.

Mes objectifs

En lien avec notre mandat d’assurer la protection du public, je souhaite prendre le pouls auprès de professionnels et de dirigeants qui œuvrent dans le système de santé et agir comme catalyseur des actions à entreprendre. Nous n’aborderons pas les questions des conditions de travail, notre intérêt en tant qu’ordre professionnel étant porté sur les mesures à mettre en place dans le but d’assurer des soins infirmiers de qualité qui passent notamment par un meilleur accès aux soins pour la population en général, particulièrement les patients orphelins du système de santé pour lesquels le recours à l’expertise infirmière est une solution.

En collaboration avec ces partenaires, je souhaite identifier les conditions gagnantes des solutions proposées en ce sens. D’ores et déjà, je peux affirmer que l’une de ces conditions est sans aucun doute l’abolition de la pratique, en milieu hospitalier ou ailleurs, de la délocalisation des infirmières et infirmiers vers un milieu de soins pour lequel ils ne détiennent pas d’expertise. Il importe d’échanger sur cette pratique qui a un effet dévastateur sur la mobilisation et la rétention des effectifs, en plus d’affaiblir le sentiment d’appartenance envers l’employeur.

Finalement, dans le but de faire écho à l’énoncé de position adopté par le Conseil d’administration de l’OIIQ en 2021, intitulé Améliorer les soins aux Premières Nations et aux Inuit en contrant le racisme systémique, j’aborderai ce sujet avec les professionnels œuvrant dans des régions pour lesquelles la question de la sécurisation culturelle des soins est pertinente.

C’est le programme que je me propose de réaliser au cours des prochains mois.

À bientôt.