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Nouvelles directives sur la prophylaxie à la vitamine K chez les nouveau-nés

Par Catherine Crépeau

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28 févr. 2019
Nouvelles directives sur la prophylaxie à la vitamine K chez les nouveau-nés
© Shutterstock / Casa nayafana

La Société canadienne de pédiatrie recommande l’administration systématique de vitamine K, de préférence par injection intramusculaire (IM), à tous les nouveau-nés pour prévenir les hémorragies par carence en vitamine K (HCVK).

L’HCVK se manifeste par des saignements inattendus, souvent sous forme d’hémorragie gastro-intestinale, d’ecchymoses et d’hémorragie intracrânienne. Elle est généralement causée par des réserves prénatales insuffisantes de vitamine K, combinées à une quantité insuffisante de vitamine K dans le lait maternel. Elle peut se présenter de façon précoce, dans les 24 heures suivant la naissance, ou tardivement, de l’âge de deux à 12 semaines jusqu’à six mois. Mais plus souvent, l’HCVK survient à l’âge de deux à sept jours.
La solution pour prévenir l’HCVK : l’administration de vitamine K. Les recommandations ont cependant changé. À la lumière des dernières données scientifiques, la Société canadienne de pédiatrie et le Collège des médecins de famille du Canada recommandent l’administration systématique d’une dose unique de vitamine K IM (0,5 mg pour les nouveau-nés d’un maximum de 1 500 g ou 1 mg pour les nouveau-nés de plus de 1 500 g) à tous les nouveau-nés avant l’âge de six heures et après la stabilisation initiale et les interactions appropriées entre la mère et son nouveau-né (Société canadienne de pédiatrie, 2018).
Si les parents s’opposent à l’injection, il est recommandé d’administrer une première dose de 2 mg de vitamine K par voie orale (PO) dès la naissance, soit au moment du premier boire, puis une seconde dose de 2 mg à l’âge de deux à quatre semaines et à l’âge de six à huit semaines. Les parents doivent cependant être avisés que ce mode d’administration est moins efficace. Ils doivent aussi savoir qu’un nourrisson demeure vulnérable à une HCVK tardive (se manifestant surtout par une hémorragie intracrânienne), malgré l’administration PO d’une formulation de vitamine K conçue pour un usage parentéral – la seule autre formulation possible à l’heure actuelle.
 

Les prématurés

Les nouveau-nés prématurés sont particulièrement vulnérables à l’HCVK en raison, notamment, de leur immaturité hépatique et du retard de la colonisation intestinale par la microflore. Pour ceux qui sont placés en soins intensifs, une dose unique de 0,2 mg par voie intraveineuse (IV) à la naissance n’assurerait pas une aussi bonne protection contre l’HCVK tardive qu’une dose de 0,2 mg ou de 0,5 mg de vitamine K IM. La Société canadienne de pédiatrie conclut donc que les données probantes actuelles sont insuffisantes pour recommander l’utilisation systématique de vitamine K IV dans cette population.
 

Contrer la douleur

Certains bébés peuvent ressentir de la douleur au moment de l’injection et une certaine irritation due à la piqûre. Les experts de la SCP recommandent donc d’adopter des stratégies qui réduisent au minimum la douleur associée, par exemple le fait d’allaiter pendant l’injection.
 

Les risques de HCVK

Sans injection de vitamine K, 4 à 11 bébés sur 100 000 naissances développeront le syndrome hémorragique du nouveau-né. De ce nombre, 14 % en mourront et 40 % des bébés qui survivent auront des séquelles permanentes au cerveau. L’injection de vitamine K permet de diminuer le nombre d’enfants atteints à moins d’un enfant sur 100 000.
Les parents devraient donc être sensibilisés à l’importance de s’assurer que leur bébé reçoit toutes les doses de suivi.
 


Référence

Société canadienne de pédiatrie. (2018). « Lignes directrices sur la prophylaxie à la vitamine K chez les nouveau-nés ».

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