Pratique professionnelle

 

Espace de ressources pour l'infirmière et l'infirmier

 

Mythes et Réalités

Retour sur la psychothérapie et les interventions qui s’y apparentent

Saurez-vous discerner le vrai du faux?

Par Martine Lafleur, inf., M. Sc. inf.

|
28 févr. 2019
Retour sur la psychothérapie et les interventions qui s’y apparentent

Le sujet de la psychothérapie étant complexe, il nous est apparu nécessaire d’y revenir dans le présent numéro afin de rappeler que la majorité des infirmières et infirmiers peuvent poursuivre leurs interventions psychologiques car, dans la plupart des cas, il ne s’agit pas de psychothérapie à proprement parler. Continuons de défaire des mythes en vue de mieux comprendre les différences entre la psychothérapie et les interventions psychologiques.

Cliquez sur le + pour découvrir la réponse

 

1. Au Québec, l’exercice de la psychothérapie et le titre de psychothérapeute sont réservés aux médecins, aux psychologues et aux détenteurs d’un permis de psychothérapeute.

 

Réponse : Vrai

Entré en vigueur en 2012, l’article 187.1 du Code des professions, stipule que l’exercice de la psychothérapie est une activité réservée des médecins et des psychologues, tout comme le titre de psychothérapeute est un titre qui leur est réservé. Ils n’ont donc pas besoin d’un permis supplémentaire pour pouvoir l’exercer. L’exercice de la psychothérapie et le titre de psychothérapeute sont également réservés aux criminologues, conseillers d’orientation, ergothérapeutes, infirmières, psychoéducateurs, sexologues, travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux, à condition qu’ils détiennent un permis de psychothérapeute délivré par l’Ordre des psychologues du Québec. Certaines personnes non admissibles à un ordre professionnel et qui pratiquaient la psychothérapie avant l’entrée en vigueur, en 2012, de la Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines ont obtenu un permis de psychothérapie au titre de la reconnaissance des droits acquis. Il n’est toutefois plus possible d’obtenir un permis en vertu de cette clause depuis juin 2014.

 

2. Les conditions pour obtenir un permis de psychothérapeute varient d’un ordre professionnel à un autre.

 

Réponse : Faux

Les conditions d’émission du permis de psychothérapeute sont prévues dans le Règlement sur le permis de psychothérapeute (RLRQ, c. C-26, r. 222.1) et sont les mêmes pour tous les professionnels admissibles au permis. La différence réside parfois dans le fait que la formation initiale donnant accès au permis de certaines professions permet également de répondre aux conditions prévues au règlement donnant accès au permis de psychothérapeute, comme c’est le cas pour les thérapeutes conjugaux et familiaux, par exemple.

 

3. Depuis l’entrée en vigueur des dispositions législatives relatives à l’encadrement de la psychothérapie, en 2012, une infirmière ne détenant pas un permis de psychothérapeute est très limitée dans ses interventions en relation d’aide.

 

Réponse : Faux

La relation d’aide et l’intervention psychologique sont des expressions générales qui réfèrent à un ensemble d’interventions et d’approches qui comprennent la psychothérapie, mais aussi les interventions s’y apparentant. Les interventions psychologiques s’apparentant à de la psychothérapie mais qui n’en constituent pas ne sont pas réservées à une profession en particulier. Elles peuvent donc être réalisées par différents professionnels dans le cadre de leur champ d’activité respectif. Afin d’éviter la confusion entre les différents professionnels, il est préférable d’éviter d’utiliser les expressions « relation d’aide » ou « intervention psychologique », et de référer plutôt aux termes définis dans le Règlement sur le permis de psychothérapeute (RLRQ, c. C-26, r. 222.1) ainsi que dans le document L’exercice de la psychothérapie et des interventions qui s’y apparentent, élaboré par l’ensemble des ordres professionnels concernés par la psychothérapie.

 

4. Le traitement psychologique porte sur ce qui organise et régule le fonctionnement psychologique et mental de la personne.

 

Réponse : Vrai

Le traitement psychologique se distingue des autres interventions psychologiques du fait qu’il porte sur ce qui organise et régule le fonctionnement psychologique et mental de la personne. La façon de conceptualiser et d’opérationnaliser ce qui organise et régule le fonctionnement psychologique et mental de la personne dépend du modèle théorique auquel on réfère (Collège des médecins du Québec et al., 2018). L’orientation cognitivo-comportementale et l’orientation psychodynamique-analytique sont deux exemples de modèles théoriques.

 

5. Un professionnel qui n’est pas psychothérapeute et qui ne souhaite pas le devenir doit s’abstenir d’assister à des formations liées à l’exercice de la psychothérapie (p. ex., sur la thérapie cognitivo-comportementale).

 

Réponse : Faux

La majorité des formations sur les différentes approches utilisées en psychothérapie ne s’adressent pas exclusivement aux psychothérapeutes où à ceux qui souhaitent le devenir. Les raisons pour lesquelles un professionnel non habilité à l’exercice de la psychothérapie souhaite participer à ces formations sont multiples. Il peut y assister afin, par exemple, de développer des connaissances qui lui permettront de mieux répondre aux besoins d’une clientèle spécifique. En revanche, il est important de comprendre que ces connaissances n’autorisent pas pour autant l’infirmière à exercer la psychothérapie. Le formateur doit expliquer clairement le but de la formation et veiller à ce que les apprenants comprennent bien ce qu’ils pourront faire de ces nouvelles connaissances. Afin d’éviter de se placer en situation d’exercice illégal, l’apprenant doit, quant à lui, s’assurer de bien comprendre le but de la formation et l’utilisation qu’il pourra faire de ces connaissances.

 

 

Des lectures pour enrichir votre compréhension 

 

Pour aller plus loin