Pratique professionnelle

 

Espace de ressources pour l'infirmière et l'infirmier

 

Prix et distinction
Prix régionaux Innovation clinique Banque Nationale 2017 / Saguenay–Lac-Saint-Jean/Nord-du-Québec

Santé et sécurité au travail : évaluer le risque chimique

Nathalie Boëls

|
01 sept. 2018
Santé et sécurité au travail : évaluer le risque chimique
Atelier de formation donné aux entreprises en gestion des risques chimiques par le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Chaque année, au Québec, des centaines de travailleurs subissent des brûlures chimiques après avoir manipulé des produits dangereux. Les infirmiers en santé et sécurité au travail assistent les employeurs afin de mettre en place des solutions visant la réduction des risques.

« Grâce à notre projet, nous avons voulu provoquer une prise de conscience chez les employeurs et les travailleurs pour qu’ils agissent en prévention », explique Harold Bherer, infirmier et conseiller en soins infirmiers en santé au travail au Centre intégré universitaire de santé et de
services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le projet « Outil d’évaluation du risque chimique » a reçu le prix Innovation clinique Banque Nationale 2017 de l’Ordre régional des infirmières et infirmiers du Saguenay–Lac-Saint-Jean/Nord-du-Québec.

« Les employeurs et leurs travailleurs visualisent les variables qui influencent la dangerosité du produit chimique dans une grille d’analyse. Ils réalisent alors l’importance de mettre en œuvre des solutions préventives pour éviter les blessures. » Harold Bherer, infirmier et conseiller en soins infirmiers en santé au travail au CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean

L'infirmière au cœur de l'analyse

Depuis 2016, l’équipe d’Harold Bherer accompagne des employeurs et travailleurs dans l’analyse des risques liés à l’utilisation de produits chimiques. Les infirmières et le technicien en hygiène du travail visitent les installations et assistent à des démonstrations d’utilisation des produits chimiques. « L’infirmière fait plusieurs constats : est-ce que les équipements de protection sont à portée de main et sont-ils correctement utilisés? » illustre Harold Bherer. Par la suite, en collaboration avec les membres du comité santé et sécurité au travail de l’entreprise, elle accorde une valeur à chaque facteur de risque indiquant la probabilité qu’un accident survienne et son degré de gravité. Cette valeur, placée dans une grille d’évaluation, est abaissée si des solutions sont suggérées pour diminuer la gravité ou la probabilité d’accidents, comme recourir à un produit moins dangereux ou l’utiliser moins souvent, porter des vêtements et des lunettes de protection, s’assurer que le travailleur connaît les risques d’utilisation du produit, qu’il existe une procédure d’utilisation sécuritaire, etc.

Convaincant

Les membres du comité peuvent suivre les résultats de ces changements en direct sur une matrice d’évaluation du risque : un X se déplace dans des zones de couleur en fonction de la probabilité et de la gravité d’un risque. Un rapport est remis à l’entreprise dans les semaines qui suivent. « Quand les participants voient de visu le X se déplacer vers la zone rouge, ils réalisent l’urgence d’agir, souligne Harold Bherer. L’employeur est amené à entreprendre des changements significatifs pour assurer la sécurité de ses employés. » Depuis la mise sur pied de ce projet, les infirmières reçoivent des demandes d’employeurs de la région pour obtenir une analyse des risques liés à l’utilisation de produits chimiques dans leur entreprise.

Pour utiliser cet outil, les infirmières doivent d’abord suivre une formation de trois heures. Harold Bherer prévoit former plusieurs infirmières en santé et sécurité du travail à travers le Québec. Cet outil d’évaluation du risque pourrait aussi être adapté pour l’évaluation des risques biologiques en centre hospitalier.

 

De gauche à droite: Ginette Bernier, présidente de l'ORIICA, Sophie Mathieu, IPSPL, Estelle Rancourt, IPSPL, Vicky Racine, IPSPL, Yves Roy, DSI adjoint, Marie-Line Gagnon, cadre-conseil, Céline Gagnon, infirmière, Krystelle Jacques, inhalothérapeute, Sandra Rodrigue, inhalothérapeute, Jérôme Ouellet, ex-infirmier-conseil, Direction, Développement et soutien professionnel, OIIQ
De gauche à droite: Ginette Bernier, présidente de l'ORIICA, Sophie Mathieu, IPSPL, Estelle Rancourt, IPSPL, Vicky Racine, IPSPL, Yves Roy, DSI adjoint, Marie-Line Gagnon, cadre-conseil, Céline Gagnon, infirmière, Krystelle Jacques, inhalothérapeute, Sandra Rodrigue, inhalothérapeute, Jérôme Ouellet, ex-infirmier-conseil, Direction, Développement et soutien professionnel, OIIQ