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Soins de santé aux personnes trans : le rôle essentiel de l’équipe infirmière avant une chirurgie d’affirmation de genre

17 oct. 2019
Soins de santé aux personnes trans : le rôle essentiel de l’équipe infirmière avant une chirurgie d’affirmation de genre

Les compétences et l’expertise infirmières sont essentielles pour assurer l’accès à des soins de qualité aux personnes transgenres, une clientèle vulnérable et encore trop souvent stigmatisée. Pleins feux sur le rôle clé de l’infirmière lors d’une chirurgie d’affirmation de genre.

Le Centre métropolitain de chirurgie (CMC) est le seul établissement au Québec à réaliser des chirurgies d’affirmation de genre. Or, le nombre de ces chirurgies a presque doublé dans les dernières années. Pour répondre à cette demande croissante, le CMC a formé en 2015 une clinique préopératoire, aujourd’hui composée d’une équipe de quatre infirmières cliniciennes. Une nouvelle approche qui a changé la vie des patients et de l’équipe soignante.

Une approche intégrée des soins

« Avant la création de la clinique, l’équipe de soins s’appuyait beaucoup sur l’information fournie par les divers professionnels de la santé qui avaient accompagné le patient avant son arrivée. Certaines chirurgies étaient parfois annulées en raison d’une information incomplète », souligne Daphney Prophète, conseillère clinicienne au CMC.

Aujourd’hui, l’une des infirmières de la clinique préopératoire évalue chaque nouveau patient avant son séjour, qui peut durer de 8 à 10 jours, y compris son passage à la maison de convalescence.

Elle fait l’évaluation complète de sa condition physique et mentale, fournissant ainsi une information de première main à toute l’équipe soignante. « Comme il s’agit de chirurgies irréversibles, nous faisons une évaluation biopsychosociale très exhaustive pour nous assurer que la chirurgie est sécuritaire et identifier les situations à risque, comme des problèmes de consommation », explique Véronic Boileau, infirmière clinicienne au CMC.

L’infirmière s’assure aussi de transmettre au patient toute l’information sur la chirurgie. « Nous vérifions que la personne comprend la documentation et les soins qu’elle recevra, pour pouvoir donner son consentement éclairé. Dans le cas d’une vaginoplastie avec cavité vaginale, les patients doivent suivre une routine d’autosoins très rigoureuse : bains de siège, douches vaginales, dilatations quatre fois par jour… Ils doivent donc bien comprendre ces soins et leur importance », indique Daphney Prophète.

Un important travail de coordination

En plus de coordonner les soins à l’interne, l’infirmière soutient le patient dans la recherche des ressources dont il a besoin avant, pendant et après la chirurgie : travailleur social, psychologue et nutritionniste, entre autres professionnels. De plus, comme de nombreux patients du CMC proviennent de l’étranger ou d’autres provinces, on doit trouver des ressources dans leur langue maternelle et dans leur région, ce qui est loin d’être simple.

« Le travail avec les personnes transgenres demande un très fort leadership. L’accès à des ressources spécialisées pour cette clientèle est un immense enjeu dans le réseau de la santé. Si on s’arrête au premier “non”, c’est le patient qui en paie le prix : on peut lui refuser l’accès à une chirurgie nécessaire, sinon vitale », soutient Daphney Prophète.

Le travail précieux des infirmières a fait ses preuves au CMC. Depuis la création de la clinique préopératoire, les patients se sentent mieux préparés, plus rassurés et moins stressés, ce qui facilite leur récupération. Ces retombées positives démontrent le rôle crucial de l’infirmière lors de ce type de chirurgie, qui représente un moment décisif dans la vie des patients

Apprenez-en plus au Congrès de l’OIIQ

L’équipe infirmière de la clinique préopératoire du CMC sera au Congrès de l’OIIQ le mardi 26 novembre pour donner l’atelier A23 : « Développement et implantation d’une clinique préopératoire en chirurgie d’affirmation de genre : l’exercice infirmier à son plein potentiel »