Pratique professionnelle

 

Espace de ressources pour l'infirmière et l'infirmier

 

Prix et distinction
Bas-Saint-Laurent/Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine / Prix régional 2017

Suivi intégré des patients vivant avec une MPOC

Par Nathalie Boëls

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01 mars 2018
Suivi intégré des patients vivant avec une MPOC

Les personnes aux prises avec une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) dont l’état se dégrade n’ont souvent comme seule option que de se rendre à l’urgence d’un établissement de santé, où elles seront hospitalisées à répétition.

Une équipe du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, secteur Kamouraska, a décidé d’agir davantage en prévention en assurant une meilleure cohésion des services destinés à cette clientèle. C’est ainsi qu’a été créé le projet Approche concertée du traitement individualisé et intégrée de la clientèle atteinte de la maladie pulmonaire obstructive chronique ou ACTII MPOC.

Cette approche a pour objectif d’améliorer le continuum de soins pour cette clientèle à risque en misant sur l’expertise infirmière. L’inscription des patients à l’ACTII MPOC, parfois strictement à titre préventif, peut dorénavant être faite à partir de plusieurs points de service (hôpital, milieux ambulatoires, soins à domicile). L’approche concertée vise à maintenir leur qualité de vie en évitant que leur état de santé ne se dégrade, car « une récidive d’exacerbation de la MPOC a un impact négatif énorme à la fois sur la condition physique et la qualité de vie de la personne atteinte », signale Mélynda Caron, infirmière clinicienne et chargée de projet.

À titre d’exemple, un patient pourrait être inscrit à l’ACTII MPOC par une infirmière en ressource intermédiaire ou en soins à domicile pour des soins à une plaie et la surveillance de son état général, et ce, même si sa MPOC est bien contrôlée. « Le but est qu’il puisse bénéficier des effets positifs de l’approche concertée », ajoute Mélynda Caron.
 

« Les patients nous mentionnent que grâce à l’enseignement reçu et à la pratique régulière d’exercices, ils peuvent reprendre des activités qu’ils avaient cessé de faire il y a plusieurs années. »

Mélynda Caron Infirmière clinicienne au CISSS du Bas-Saint-Laurent, secteur Kamouraska, et chargée de projet de ACTII MPOC

Autonomie infirmière

Projet basé sur la collaboration interprofessionnelle, l’infirmière clinicienne travaille au sein d’une équipe composée également d’un médecin, de deux inhalothérapeutes, d’une physiothérapeute, d’une kinésiologue, d’un nutritionniste et d’un gestionnaire.

L’infirmière clinicienne effectue l’évaluation globale des besoins du patient, fait le pont entre les autres professionnels, assure la communication avec le médecin traitant et coordonne les soins qu’elle et les autres professionnels de la santé auront à prodiguer. L’infirmière est aussi la personne-ressource et la formatrice en MPOC pour l’ensemble des installations de la région de Kamouraska. De par son champ d’exercice et ses activités réservées, l’infirmière a l’autonomie pour diriger le patient vers d’autres professionnels à tout stade de la MPOC ou d’une autre maladie afin d’éviter les récidives et une détérioration de sa qualité de vie. « Nous avons des yeux partout, que ce soit avant, pendant ou après une hospitalisation », illustre Mélynda Caron.

L’équipe utilise dorénavant des outils de travail communs pour le suivi du patient tout au long de sa trajectoire de soins, facilitant ainsi le partage et la consultation des d’informations. L’outil de suivi systématique, par exemple, contient toutes les informations numérisées et il est accessible aux membres de l’équipe à partir de tous les points de service.

 

De gauche à droite : Deyna L'Heureux, présidente de l'ORIIBSLGIM, Danielle Savard, DSI adjointe au CISSS Bas-Saint-Laurent, Mélynda Caron, infirmière clinicienne, Nancy Chénard, inhalothérapeute, Marie-Josée Caron, infirmière ASI unité multiclientèle, Colombe Pelletier, vice-présidente de l'ORIIBSLGIM, Annick Ouellet, kinésiologue, Pauline Harrisson, Banque Nationale, Joël Brodeur, directeur du développement et soutien professionnel de l'OIIQ.
De gauche à droite : Deyna L'Heureux, présidente de l'ORIIBSLGIM, Danielle Savard, DSI adjointe au CISSS Bas-Saint-Laurent, Mélynda Caron, infirmière clinicienne, Nancy Chénard, inhalothérapeute, Marie-Josée Caron, infirmière ASI unité multiclientèle, Colombe Pelletier, vice-présidente de l'ORIIBSLGIM, Annick Ouellet, kinésiologue, Pauline Harrisson, Banque Nationale, Joël Brodeur, directeur du développement et soutien professionnel de l'OIIQ.

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