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Trouble dépressif caractérisé. Ajustement par l’infirmière clinicienne des antidépresseurs de première intention

par Lyse Savard

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01 mai 2018
Trouble dépressif caractérisé. Ajustement par l’infirmière clinicienne des antidépresseurs de première intention

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a diffusé récemment un protocole médical sur l’ajustement d’un antidépresseur de première intention par l’infirmière clinicienne dans le cadre du suivi d’un trouble dépressif caractérisé (2017b). Valide jusqu’en octobre 2020, ce protocole vise une rémission des symptômes du trouble dépressif caractérisé et le rétablissement fonctionnel de la personne suivie.

Ce protocole émane d’un comité consultatif de l’INESSS qui a évalué plusieurs sources, notamment les guides de bonnes pratiques cliniques. Dominique Harvey, conseillère-cadre en soins infirmiers au CIUSSS de la Capitale-Nationale, a participé à ce comité. Elle fait valoir que le protocole «  met en perspective le rôle de l’infirmière clinicienne au sein d’une équipe dans le suivi d’une clientèle ayant une problématique de santé mentale  ». Elle rappelle que «  cette clientèle a souvent d’autres problèmes de santé tels que maladie cardiovasculaire, maladie pulmonaire obstructive chronique ou diabète  » et que, par conséquent, «  le fait de pouvoir bénéficier d’un suivi global améliore les soins qui leur sont donnés  ».

Clientèle cible

Le protocole s’adresse aux infirmières cliniciennes habilitées qui assurent le suivi, en groupe de médecine familiale (GMF) et en clinique privée ou en clinique externe, de clients ayant un diagnostic de trouble dépressif caractérisé (majeur).

Les comités interdisciplinaires sur les ordonnances collectives et protocoles des CISSS et des CIUSSS ou les instances responsables selon l’organisation devront avoir entériné le protocole avant que les établissements puissent le déployer. Les infirmières cliniciennes qui l’appliqueront devront également avoir suivi une formation.

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, par exemple, son déploiement est prévu en 2018. Dominique Harvey précise que « les infirmières devront auparavant avoir suivi une formation portant sur le protocole, les outils d’évaluation et les antidépresseurs pour pouvoir appliquer ce protocole ».

Conditions

Il faut savoir aussi qu’il s’applique seulement aux personnes ayant reçu un diagnostic de trouble dépressif caractérisé (majeur) et adressées par leur médecin traitant à un professionnel autorisé pour un suivi conjoint. Rappelons qu’un diagnostic de trouble dépressif caractérisé (majeur) répond aux critères de classification du DSM-5 (American Psychiatric Association, 2013).

Autre condition préalable en plus du diagnostic : sur l’ordonnance individuelle prescrite à la personne suivie, le prescripteur devra avoir précisé la posologie initiale de l’antidépresseur et les modalités d’ajustement jusqu’à l’atteinte de la dose minimale de l’intervalle thérapeutique (INESSS, 2017a).

 


Références

American Psychiatric Association. (2013). DSM-5 : Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5e éd.), Washington, D.C. : American Psychiatric Association.
Fournier, L., Roberge, P. et Brouillet, H. (2012). Faire face à la dépression au Québec. Protocole de soins à l’intention des intervenants de première ligne. Montréal : Centre de recherche du CHUM.
Institut national d’excellence en santé et en services sociaux. (2015). Questionnaire sur la santé du patient, QSP-9. Québec : INESSS.
Institut national d’excellence en santé et en services sociaux. (2017a). Ordonnance individuelle d’ajustement d’un antidépresseur de première intention pour le suivi d’un trouble dépressif caractérisé (majeur).
Institut national d’excellence en santé et en services sociaux. (2017b). Protocole médical. Ajustement d’un antidépresseur de première intention pour le suivi d’un trouble dépressif caractérisé (majeur).
Sheehan, K. H. et Sheehan, D. V. (2008). Assessing treatment effects in clinical trials with the discan metric of the Sheehan Disability Scale. International Clinical Psychopharmacology, 23(2), 70-83.

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