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Un guide pour aider l’enfant anxieux

Denyse Perreault

Un guide pour aider l’enfant anxieux

L’anxiété est un « état émotionnel de tension nerveuse » lié à la peur, qui peut devenir chronique faute de traitement. Les enfants n’en sont pas épargnés et, chez certains, elle peut prendre une ampleur telle qu’elle nuit au fonctionnement de sa vie quotidienne. Signé Sophie Leroux, docteure en psychologie au CHU Sainte-Justine, le guide pratique Aider l’enfant anxieux est destiné aux enfants d’âge scolaire et aux jeunes adolescents qui vivent cet état d’alerte, ainsi qu’à leurs parents et aux intervenants concernés par la problématique.

Par le truchement d’un conte thérapeutique illustré, le guide vient en aide aux enfants anxieux en les familiarisant avec les causes, les déclencheurs et les manifestations de l’anxiété. L’enfant peut s’identifier au personnage principal, une luciole qui doit glaner du miel dans une forêt où rôdent des ours potentiellement sources de danger.

Publié dans la collection Pour la vie des Éditions du CHU Sainte-Justine, le guide propose des outils de prévention et d’intervention s’appuyant sur des approches cliniques reconnues et l’expérience clinique de l’auteure dans le traitement de l’anxiété.

L’anxiété peut trouver son origine dans une prédisposition biologique ou être transmise de façon héréditaire (ou par modèle dans le cas d’une famille adoptive ou recomposée). Sophie Leroux souligne qu’avoir un parent trop dégagé, trop désinvolte, peut aboutir au même résultat. L’absence de cadre et de limites peut insécuriser l’enfant prédisposé. Malgré les similitudes, « le profil de crainte de chaque enfant est unique et parfois déroutant », écrit-elle. C’est pourquoi le guide contient des questionnaires destinés à la fois aux enfants et aux parents, pouvant être remplis avec ou sans l’aide d’un professionnel. Ils permettent d’évaluer la situation et de choisir les outils d’intervention les plus appropriés à chaque enfant. Les outils d’intervention et de prévention aident à apaiser le corps et la tête, dans laquelle s’agitent des pensées en mouvement, qui ne sont pas nécessairement vraies… ni toujours utiles.

Sophie Leroux décrit, entre autres, le principe de la pleine conscience, inspiré de la pensée bouddhiste, souvent pratiquée sous forme de méditation, qui consiste à porter son attention sur le moment présent, sans jugement. « Ce courant a été introduit dans la psychologie scientifique dans les années 1970, signale-t-elle. Sa pratique régulière offre des bienfaits psychologiques, notamment un état mental qui prémunit contre le stress, l’anxiété et la dépression. […] Elle gagne en popularité auprès des enfants en raison de ses bienfaits répertoriés sur l’équilibre émotionnel, la capacité de résilience, les échanges familiaux et la capacité d’attention. »

Les exercices pour « muscler la tête » illustrent la capacité du cerveau à apprendre, à affronter des situations problématiques et à interagir. La technique de l’exposition graduée aide l’enfant à se préparer à s’exposer graduellement à la peur au lieu de la fuir systématiquement : une routine de vie prévisible et stable favorise certes l’apaisement, mais l’introduction de variantes facilite aussi le développement d’une tolérance à la nouveauté et aux changements.

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