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Utilisation de la pilule abortive lors du premier trimestre : l'OIIQ entérine les conclusions du groupe de travail

11 nov. 2022
Utilisation de la pilule abortive lors du premier trimestre : l'OIIQ entérine les conclusions du groupe de travail

En septembre 2022, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) s’est joint à un groupe de travail interdisciplinaire mis en place à l’initiative du Collège des médecins du Québec (CMQ). Ce groupe avait pour objectif de favoriser l’accès à l’avortement et de formuler des recommandations quant à l’utilisation de la pilule abortive lors du premier trimestre de grossesse. Il s’est prononcé notamment sur les critères relatifs à la durée de gestation, les connaissances et les compétences requise et le recours à la pratique à distance.

L’OIIQ souhaite partager les conclusions du groupe de travail, lesquelles sont susceptibles d’intéresser également l’ensemble des infirmières qui pratiquent en contexte de planification des naissances, en plus d’avoir une incidence sur la pratique des IPS qui prescrivent la pilule abortive.

Retrait de l’indication pour des gestations de 63 jours et moins

Le CMQ retire l’indication de recourir à la pilule abortive uniquement pour des gestations de 63 jours et moins. Le professionnel est responsable de déterminer, en partenariat avec la personne qui demande l’interruption volontaire de grossesse (IVG), la meilleure option en fonction du nombre de semaines de gestation, de sa situation clinique et sociale et des recommandations des sociétés savantes.

Connaissances et compétences requises

Les ordres professionnels n’imposeront aucune formation obligatoire pour la prescription de la pilule abortive. Il revient à chaque professionnel, conformément à ses obligations déontologiques, de s’assurer qu’il dispose des connaissances et des compétences requises pour prescrire cette médication, comme pour tout autre soin, médicament ou traitement. Le groupe de travail a d’ailleurs noté l’existence de plusieurs formations appropriées sur l’utilisation de la pilule abortive, facilement accessibles aux cliniciens.

Recours à la pratique à distance

Le groupe de travail a évalué qu’il était possible d’assurer une prestation de soins sécuritaires en contexte d’IVG par l’utilisation de la pilule abortive. Toutefois, au moment de choisir la modalité d’interaction, soit en personne ou en virtuel, le professionnel doit faire preuve de jugement clinique et considérer les préférences de la personne, sa condition clinique et son environnement social, tout en veillant à respecter ses obligations déontologiques. Un corridor de référence doit aussi avoir été prévu.  L’OIIQ ajoute qu’avant de prodiguer les soins à distance, l’infirmière doit :

  • Évaluer la pertinence de recourir à ceux-ci en fonction du type d’intervention à réaliser auprès de la personne ou du suivi requis;
  • S’assurer d’avoir les connaissances requises pour utiliser les technologies de l’information et des communications (TIC) ou des télésoins de façon sécuritaire afin de ne pas causer de préjudice au patient;
  • Obtenir le consentement libre et éclairé de la personne, tant pour les soins à dispenser que pour l’utilisation des moyens technologiques, et déterminer en partenariat les modalités de fonctionnement;
  • Évaluer le niveau de risque quant à la sécurité des données (p. ex. : réseau informatique sécurisé), utiliser des plateformes sécurisées et n’avoir recours en aucun cas aux réseaux sociaux;
  • Évaluer la fiabilité des moyens utilisés (p. ex. : outils de mesure ou application mobile permettant d’obtenir des résultats valides et identiques à ceux obtenus en présentiel);
  • Anticiper les urgences cliniques et techniques qui pourraient survenir et prévoir un plan afin de les pallier (p. ex. : accès à d’autres professionnels, solutions pour des bris mécaniques ou pannes);
  • Évaluer la capacité de la personne à les utiliser ou à collaborer à leur utilisation en validant ses connaissances et, le cas échéant, en lui transmettant les renseignements nécessaires sur leur utilisation et les risques courus (p. ex. : intégrité des données, limites liées à ce mode d’intervention).

Autres conclusions du groupe de travail

Le groupe de travail a aussi recommandé que les lignes directrices en lien avec l’IVG publiées par le CMQ soient retirées de son site. Les professionnels sont invités à se référer aux sociétés savantes. Enfin, les membres du groupe de travail ont suggéré de bonifier les contenus de formation en lien avec la santé reproductive, sur les plans tant de la formation initiale que de la formation continue.

Pour toute question sur les activités professionnelles des IPS :
Courriel : consultation-professionnelle@oiiq.org

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