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VIH et risque de transmission - Effet du traitement antirétroviral

Par Catherine Crépeau

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02 mai 2019
VIH et risque de transmission - Effet du traitement antirétroviral
© Shutterstock

Les patients traités contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) présentent un risque minime de transmettre sexuellement l’infection, indique la récente position publiée par la Direction générale de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

La Direction de la santé publique estime que le traitement antirétroviral rend négligeable le risque de transmission de l’infection pendant les relations sexuelles orales, vaginales ou anales sans condom. Deux conditions sont cependant émises : que le traitement antirétroviral soit pris comme prescrit et que la charge virale du patient, mesurée par des analyses consécutives de laboratoire tous les quatre à six mois, se maintienne à moins de 200 copies par millilitre de sang.

La position adoptée par la Direction de la santé publique reproduit la conclusion d'une synthèse de la littérature sur le risque de transmission de l’infection entre une personne vivant avec le VIH et une personne non infectée, effectuée en 2017 par l'Agence de la santé publique du Canada. Cette synthèse montre que le risque de transmission reste négligeable lorsque la personne infectée prend un traitement antirétroviral selon une ordonnance et que la charge virale reste inférieure à 200 copies par millilitre de sang, quelle que soit l’activité sexuelle en cause, qu’il y ait eu ou non utilisation d’un condom. De plus, les conclusions sont les mêmes pour les couples hétérosexuels et homosexuels. En somme, le MSSS considère que le traitement des personnes vivant avec le VIH fait partie des stratégies hautement efficaces pour prévenir la transmission sexuelle de l'infection. Il réitère également que la détection précoce du VIH et le traitement des personnes infectées réduisent significativement le risque de complications chez ces personnes.

 

Attention aux autres infections

Le traitement antirétroviral ne protège toutefois pas la personne vivant avec le VIH des autres infections transmissibles sexuellement comme la syphilis ou la gonorrhée, prévient la Direction de la santé publique. Il revient donc aux professionnels de la santé qui travaillent dans le domaine de la prévention et du traitement de l'infection par le VIH d'inciter leurs patients à enfiler un condom et à adopter des comportements sexuels sécuritaires. Ils devraient également leur rappeler que la détection précoce du VIH et son traitement réduisent de façon significative le risque de complications.


Référence

Ministère de la Santé et des Services sociaux (2018). L'effet du traitement des personnes vivant avec le VIH sur le risque de transmission sexuelle de l’infection. Position ministérielle.

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