Pratique professionnelle

 

Espace de ressources pour l'infirmière et l'infirmier

 

Développement professionnel (ACFA)

Violence conjugale et pratique infirmière

Par Judith Lapierre, inf., Ph. D., Geneviève Lessard, Ph. D., Louise Hamelin-brabant, Ph. D., Sylvie Lévesque, Ph. D., Bilkis Vissandjée, inf., Ph. D. et Nisrine Moubarak, Ph. D. (cand.).

Violence conjugale et pratique infirmière

Reconnaître les expériences des femmes, soutenir les décisions, conseiller, aiguiller et faciliter l’accès vers les ressources.

Alors que le Québec est plongé dans une pandémie sans précédent liée à la COVID-19, les préoccupations à l’égard des femmes vivant une situation de violence conjugale ou à risque de violence conjugale sont grandissantes. Des mesures de confinement ont dû être imposées par les gouvernements provincial et fédéral, qui déploient tous leurs efforts pour limiter la propagation du virus.

Or, distanciation physique et confinement ont une tout autre signification pour des personnes bénéficiant d’un soutien social limité ou vivant dans des conditions de vulnérabilité, celles-ci pouvant être exacerbées en contexte de violence conjugale (Canady, 2020; Grou, 2020). En plus des mesures de confinement découlant de cette crise sanitaire, une précarité financière engendrée par la perte d’un emploi, la peur liée à la pandémie et l’incertitude quant à l’évolution de celle-ci sont des déterminants associés à un stress considérable pour une famille (Grou, 2020; Société canadienne de psychologie, 2020). La présence constante du partenaire violent – alors qu’un des deux conjoints ou les deux sont en télétravail ou peuvent avoir perdu leur emploi –, la protection des enfants ou tout autre raison ancrée dans les trajectoires et les expériences spécifiques de chaque femme (Perron, 2020) deviennent des défis lorsqu’il s’agit de chercher de l’aide et des ressources.

 

Objectifs d’apprentissage
  1. Reconnaître que la violence conjugale s’inscrit dans un continuum d’expériences de culpabilité, de victimisation et de pouvoir d’agir.
  2. Identifier les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants.
  3. Adopter les bonnes pratiques concernant le dépistage précoce, le traitement immédiat, l’accompagnement, l’aiguillage vers les ressources d’aide professionnelle et communautaire ainsi que le suivi.
  4. Travailler en partenariat avec les femmes et avec les équipes multidisciplinaire et intersectorielle.